Les habitants de Bamako saluent l’accord entre le Mali et la Cedeao

L’accord de dernière minute signé dimanche entre Bamako et la Cedeao concernant le déploiement des troupes de la Micema au Mali, continue d’alimenter les discussions dans la capitale malienne. De nombreux habitants de Bamako semblent apprécier ce dénouement heureux issu de longues et difficiles négociations entre les deux parties. Ici, on espère que ce sera le début de la fin de la crise que traverse le pays depuis six mois. Reportage.

(De notre correspondant)

Depuis le 22 mars date du coup d’Etat, le Mali et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont entretenu des relations en dents de scies. Beaucoup de Maliens avaient du mal à comprendre ce qu’ils appellent l’ingérence de l’organisation ouest-africaine dans les Affaires intérieures du pays. Durant plusieurs mois, l’image de la Cedeao avait du mal à passer à Bamako. Ainsi sur les ondes de certaines radios privées et dans les colonnes de plusieurs journaux de la place, nombreux sont ceux qui ne manquaient aucune occasion pour tirer à boulets rouges sur l’organisation ouest-africaine.

Malgré cela, la Cedeao, dirigée par Kadré Désiré Ouédraogo, a persisté dans sa démarche. Une attitude qui s’est avérée payante car elle a réussi à faire plier les autorités de Bamako, qui ont accepté dimanche dernier le déploiement des troupes africaines sur le sol malien. Cela afin d’aider l’armée nationale à reconquérir le Nord-Mali.

Les Maliens sont rassurés

Cet accord intervenu entre le Mali et l’organisation ouest-africaine continue de faire les choux gras de la presse malienne, qui dans son ensemble semble bien apprécier ces dernières évolutions de la situation. C’est aussi le cas d’Oumar. « Enfin la raison a pris le dessus ». Pour ce pompiste, la présence de la Cedeao à Bamako est une source de sécurité pour la capitale. « Il faut donc nous armer de courage pour aller au front car les forces africaines avec l’appui de la France seront à nos côtés pour libérer les régions du Nord-Mali », soutient-il. Des propos que partage Issa. Pour l’ami d’Oumar, « un quartier général des troupes de la Cedeao à Bamako représente une précaution supplémentaire dont il ne serait pas prudent de se priver quand il s’agit de combattre des gens aux capacités difficilement évaluables. Cela n’enlève rien en la vaillance de notre armée», affirme-t-il.

L’appui de la communauté internationale jugée indispensable

Comme Issa et Oumar, les Maliens prennent conscience aujourd’hui de l’appui indispensable de la communauté internationale. « Pourquoi avoir attendu tout ce temps pour se rendre compte de l’évidence. Pourquoi avoir perdu six mois. Pourquoi ce manque de professionnalisme ou du moins cet amateurisme de nos militaires », regrette Moussa, un chauffeur de taxi. « J’espère que cette fois-ci est la bonne, il est vraiment temps d’y aller car plus les jours passent plus les terroristes se renforcent. Certaines de nos autorités ont laissé tomber leur orgueil. Maintenant nous aurons nos armes et de l’aide pour libérer notre pays et retrouver notre souverain », se réjouit-il.

Un peu de réticence

Pourtant son avis n’est pas partagé par Malick, un étudiant en Droit. A l’entendre, les décisions de l’organisation ouest-africaine concernant le Mali ne lui inspirent pas confiance. « La Cedeao change constamment ses positions. Si elle est de bonne foi et sincère qu’elle libère d’abord nos armes. Il ne fallait pas si vite céder à leur pression », dénonce-t-il.

Le Mali a plus que jamais besoin de rassemblement et non de la division. L’heure de l’union sacrée de tous les fils de ce pays a sonné. Cela afin de libérer les territoires sous occupation armée. L’ONU consacre ce mercredi une réunion à New-York sur la crise malienne afin d’y nommer un envoyé spécial pour le Mali.

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