Les greens noirs du Togo

Le Togo compte 30 joueurs de golf professionnels. Ils s’affrontent tous les 15 jours sur l’unique parcours du pays. Un parcours où les greens en herbe ont été remplacés par des browns, mélange de sable et d’huile de vidange. Une surface peu banale sur laquelle les joueurs étrangers ont du mal à évoluer.

Les amateurs de golf de passage à Lomé risquent d’être quelque peu déroutés s’ils décident de faire quelques trous dans l’unique golf du pays. En lieu et place du traditionnel green, tapis de gazon, ils devront évoluer sur une surface peu commune en Europe et ailleurs : le brown, fait de sable et d’huile de vidange. Un revêtement qui ne gène pas les 30 professionnels togolais et les 120 membres du Golf Club du Togo.

« L’établissement a été créé en 1965. Il s’agit d’un neuf trous (les circuits complets en comptent 18, ndlr) », explique-t-on au Golf Club. Si le Togo n’est pas un grand pays de la discipline, 30 joueurs y sont pourtant professionnels et possèdent, comme de 95% des professionnels internationaux, la célèbre carte PGA (Professionnel golf association). Et pour garder l’esprit de compétition, ils s’affrontent tous les 15 jours.

Les Togolais plus forts que les expatriés

Quatre mètres cubes de sable pour 250 litres d’huile de vidange. La recette du brown est simple. On retrouve un tel revêtement dans le golf de Douala ainsi qu’au Gabon. « Le brown demande un certain entretien. Nous avons des personnes qui sont chargées de le ratisser en permence », commente-t-on au club.

Les meilleurs golfeurs ont un handicap de zéro (ils effectuent l’ensemble du parcours dans le par, le nombre de coups requis pour chaque trou*). Les meilleurs amateurs togolais affichent pour leur part un handicap de 1 (un coup au-dessus du par) tandis que les amateurs expatriés se contentent d’un handicap de 7. « Les Togolais sont plus forts que les expatriés parce qu’ils ont plus l’habitude du brown. » Une surface qui pénalise les golfeurs togolais amenés à évoluer hors du pays, mais qui n’empêche pas le Golf Club d’organiser des tournois régionaux où se pressent Ghanéens, Nigérians, Béninois, Camerounais ou Burkinabés.

*Un par 5 est, par exemple, un trou que l’on doit réaliser en cinq coups