Les Grands travaux de Mohamed VI

La culture marocaine aura enfin ses infrastructures. Le roi Mohamed VI vient de lancer un programme de construction de quatre nouveaux édifices culturels nationaux d’une valeur de 500 millions de dirhams. Des monuments nationaux, une première pour le Maroc.

L’Etat marocain s’attaque à la construction de quatre édifices culturels à Rabat. Jamais jusqu’à ce jour, un tel projet n’avait été réalisé au Maroc. En effet, ce programme colossal d’une valeur de 500 millions de dirhams (323 millions de FF) est une première. Le royaume chérifien se dote d’un Musée national d’Arts contemporains, d’une Bibliothèque nationale, d’un Institut supérieur de la musique et de la danse et d’un Musée royal du patrimoine et des civilisations, à Rabat. Tous ces édifices permettront de témoigner de toute la richesse et la diversité culturelle, d’assurer la sauvegarde du patrimoine documentaire et culturel et de diffuser des connaissances et le savoir à tous les Marocains. Tout un programme !

Il devenait urgent de construire ces monuments pour permettre à tous les étudiants concentrés à Rabat et à la population de profiter de services culturels car cette ville souffre de manque d’infrastructures à vocation culturelle et universitaire . C’est le roi en personne qui a choisi le terrain.

De grands projets architecturaux

 » Il existe un conservatoire et des instituts privés mais non une école publique où l’on étudie la musique et l’art chorégraphique. Ce sera chose faite dans trois ans tout au plus « , espère Oum Keltoum Kobbite, architecte chargée du projet. L’Institut, situé à proximité d’un pôle culturel, du théâtre Mohamed V et du ministère de la Culture, propose des salles d’enseignement, de percussions, de danses et de documentations. La construction du Musée d’Arts contemporains s’appuiera sur le même esprit moderne que l’Institut et sera lui aussi financé par le ministère de la Culture. Cependant, les architectes intègrent dans leur projet deux villas de style colonial où les artistes étrangers exposeront leurs oeuvres.

Tout est programmé pour que tous les arts soient bien représentés. La cour extérieure est réservée aux sculptures tandis que quatre salles sont prévues pour les expositions temporaires et six pour les permanentes. Les architectes veulent inscrire leurs noms dans l’Histoire. Pour cela, ils utilisent des matériaux nobles, du marbre au sol, du vitrage trompé sur une surface de 5000 m2. Pour ne pas dissimuler la beauté du lieu, ils ont choisi de créer une longue nef vitrée sur toute la longueur du bâtiment, donnant sur la rue pour l’éclairer et admirer la végétation. Ils tiennent à ce que leurs oeuvres leur survivent.

Un lieu de paix et de réflexion

La bibliothèque nationale et le Musée royal du patrimoine et des civilisations sont financés par le fonds Hassan II. La bibliothèque générale, déjà existante, va devenir dans quelques années l’annexe de la Bibliothèque nationale.  » Elle sera à l’origine de la création de réseaux avec les autres centres régionaux de documentation et constituera un point de référence de consultation pour les chercheurs et le grand public. L’Etat s’attache à rassembler la culture régionale en un seul lieu « , explique Jalila Kadiri, responsable du projet au ministère de la Culture.

Les fonds documentaires viendront essentiellement de la bibliothèque actuelle et l’Etat a promis d’acquérir d’autres ouvrages plus récents. Dans le nouveau lieu du savoir, les intéressés auront davantage d’espace pour lire et être à leur aise. L’architecture s’inspirera beaucoup de l’art arabo-islmaique : une tour représentant, à la fois un minaret et le savoir, indiquera de loin l’emplacement de la bibliothèque.

Quant au musée royal, il constitue une nécessité car jusqu’à ce jour, il n’existait pas de lieu où était exposé la culture marocaine. Le futur édifice se caractérise par sa complexité. Les architectes devront intégrer un bâtiment du début du siècle à leur plan. Le musée présentera des collections archéologiques, ethnographiques et artistiques de la culture marocaine de la préhistoire à l’époque contemporaine. Comme au Maroc, les oeuvres majeurs qui sont entreposées ou exposées ne respectent pas actuellement les règles de conservation, le musée se dotera d’un laboratoire de recherches pour la restauration du patrimoine. Des projets ambitieux qui naîtront dans deux et quatre ans. A suivre.