Les frères Gbagbo et Compaoré se retrouvent furtivement

Le président ivoirien Laurent Gbagbo a rendu une visite-éclair, mardi dernier ,à son homologue et ancien ami Blaise Compaoré. Les deux présidents entendent donner un nouveau souffle à leurs relations, pour le moins crispées depuis l’élection de Laurent Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire.

En se rendant à Ouagadougou, le président ivoirien savait qu’il allait rencontrer un Blaise Compaoré fâché. Les deux présidents étaient de grands amis quand Laurent Gbagbo était dans l’opposition. Depuis son élection, leurs relations n’ont pas arrêté de se dégrader. Tout sourire, Laurent Gbagbo affirme aux nombreux journalistes qu’il est venu à Ouagadougou retrouver un frère.  » C’est une visite pour prendre contact et montrer à nos peuples que nous pouvons parler ensemble. Nous allons à partir de celle-ci faire un programme de travail qui sera suivi d’une visite plus approfondie « . Le ton est au réchauffement des relations. La communauté burkinabè en Côte d’Ivoire est très importante et depuis le fameux concept de l’ivoirité, elle a eu à subir de nombreuses vexations. Plusieurs milliers de Burkinabè sont rentrés chez eux. Devant l’afflux des réfugiés, Blaise Compaoré a eu des mots très durs envers son ancien ami.

Veux-tu qu’on redevienne frères ?

« Quand j’étais dans l’opposition, entre Laurent Gbagbo et Blaise Compaoré c’étaient des rapports très forts. Lorsque je suis devenu président de la République, nos rapports n’ont pas été à la hauteur de ce qu’étaient nos précédentes relations », reconnaît Laurent Gbagbo. Moins prolixe, Blaise Compaoré place le débat sur le plan politique.  » C’est une visite de bonne volonté en vue de normaliser nos relations. La Côte d’Ivoire et le Burkina sont les pays dans la sous-région qui ont le plus intérêt à agir ensemble de façon harmonieuse « , affirme le président Burkinabè.

C’est la première visite de Laurent Gbagbo au Burkina depuis son accession au pouvoir en octobre 2000.  » Les deux chefs d’Etat ont décidé d’intensifier les consultations à tous les niveaux entre les deux pays, en vue de rechercher des solutions à leurs problèmes communs, notamment ceux touchant à la sécurité, aux tracasseries policières, à la question du droit de propriété foncière et au trafic d’enfants « , précise le communiqué commun.  » Ce n’est qu’une prise de contact. Le contentieux entre les deux pays est trop fort pour être évacué rapidement. Pour l’instant, au-delà des embrassades, c’est la méfiance qui prédomine « , analyse un journaliste de Sidwaya.

Poursuivant son forcing diplomatique, Laurent Gabagbo se rendra en France à partir de ce jeudi pour un voyage privé. Il sera reçu à l’Elysée et à Matignon. Objectif : rassurer les milieux d’affaires.