Les femmes mobilisées pour l’indépendance du Sahara occidental

Plus de 400 femmes venues du monde entier se sont réunies dimanche à Alger, à l’hôtel Sheraton, dans le but de faire progresser la cause du peuple du Sahara Occidental qui revendique son indépendance vis-à-vis du Maroc depuis plus de 30 ans. Militantes convaincues, elles ont revendiqué en cœur le droit à la dignité et liberté des Sahraouis.

(A Alger)

« Libérez le Sahara occidental ! Le Maroc dehors ! dehors ! » Ces chants accompagnés de youyous, les femmes sahraouies les entonnent en cœur chaque fois qu’une intervenante termine son discours à la tribune. Elles sont venues nombreuses à cette troisième conférence internationale sous le thème : « Situation et droit de la femme sahraouie à la résistance », à Alger, à l’hôtel Sheraton.

Un projet à l’initiative du comité national algérien de solidarité avec le peuple Saharaoui (CNASPS), de la Commision nationale consultative de Protection et de promotion des droits de l’Homme (CNCPPDH) et de l’Union nationale des femmes Sahraouies (UNFS). Un débat présidé par Fatma Mehdi, secrétaire générale de (l’UNFS), membre de la direction nationale du Front Polisario.

A tour de rôle, les intervenantes, représentants plus de 45 pays du monde, enflamment la tribune, dressant un réquisitoire très sévère à l’encontre des autorités marocaines. Ces dernières contrôlent le Sahara occidental, dont l’indépendance est réclamée par le peuple sahraoui depuis plus de 30 ans. Rabat qui est régulièrement accusé de violations des droits de l’Homme au sein de l’ex-colonie espagnole refusent depuis 1975 que l’ONU y envoie une mission de surveillance du respect des droits de l’Homme.

Vives critiques contre le Maroc

Une position que critique vivement la namibienne Jantjies Mildred, présidente de la fondation de défense des femmes Africa Hope Development Pawo Southern Africa. Vêtue d’un tailleur rouge, dès son accès à la tribune pour prendre la parole, elle entonne un chant puissant de soutien au peuple sahraoui avant de s’adresser à l’assistance : « L’heure est venue pour le Maroc de donner son indépendance au peuple Sahraoui! Il est temps que cette colonisation qui brime tout un peuple cesse ! »

Un discours longuement applaudi par le public. Les intervenantes n’en restent pas là. Les condamnations contre le Maroc se succèdent. « Nous condamnons la répression menée par les autorités marocaines pour faire taire la volonté d’autodétermination du peuple sahraoui ». Les violentes tortures que subissent quotidiennement les femmes sahraouies dans la lutte pour l’indépendance sont également mises en exergue.

La femme sahraouie au cœur de la lutte pour la liberté

Des violences que dénonce particulièrement leur représentante Fatma Mehdi, saluant les sacrifices que les femmes mènent dans la lutte pour la liberté : « La femme sahraouie a joué un rôle important dans la société sahraoui. Elle a contribué à pacifier notre lutte. Elle a souffert de tortures, et est régulièrement victime d’enlèvements. Elle résiste malgré tout à toutes ces tortures. Elle est représentée au Parlement sahraoui et continue à œuvrer pour que nos revendications soient entendues ».

Les différentes intervenantes de la conférence ne laissent pas la France en reste non plus. Paris qui soutient le Maroc sur la question du Sahara occidental est également pointée du doigt. Lors de sa visite au Maroc début avril, le président français François Hollande a réitéré son appui à Rabat sur cet épineux dossier. La raison de ce ralliement aux autorités marocaines ? Paris chercherait aussi à tirer profit des richesses naturelles du Sahara occidental. Des réserves d’or noir que Total guetterait déjà?