Les fausses coupures arrivent à Abidjan

Après le Bénin et le Togo, c’est au tour de la Côte d’Ivoire d’être touchée par une vague de faux billets de 10 000 F CFA. S’il existe quelques indices visuels pour repérer lesdites coupures, les détecteurs classiques ne peuvent cependant pas les identifier.

Après le Bénin et le Togo, les faux billets de 10 000 F CFA ont désormais atteint la Côte d’Ivoire. Une timide apparition qui fait tout de même craindre une psychose parmi les Ivoiriens. Les autorités jouent la carte de la prudence pour éviter d’attiser le feu de la suspicion. D’autant que les détecteurs classiques s’avèrent incapables de les identifier. L’homme de la rue tient pour sa part quelques indices pour ne pas en être pour son argent.

Les contrefaçons sont techniquement parfaites. Du moins assez parfaites pour passer le test des détecteurs. Lancé pour la première fois en 1994 par la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le billet de 10 000 F CFA dispose pourtant d’éléments d’authentification : le filigrane, le fil de sécurité, la taille douce (le toucher du papier), le Strap (Système de transfert anti-photocopie) et la transvision du logo présenté recto verso. Les premières fausses coupures sont apparues au Bénin. Elles seraient d’origine nigériane et impliqueraient au moins deux ressortissants libanais.

Circonspection des autorités

 » Nous ne pouvons pas communiquer sur des billets que nous n’avons pas émis « , commente-t-on au siège dakarois de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’ouest (BCEAO).  » Nous ne pouvons pas donner d’information sans l’aval du ministère de l’Intérieur « , déclare-t-on à la direction de la police économique d’Abidjan. A chercher de plus amples détails sur l’affaire des faux billets, vous trouverez beaucoup de portes closes. Une prudence bien compréhensible, pour un sujet aussi délicat que la fausse monnaie.

Impossible aujourd’hui de payer avec un billet de 10 000 F CFA sur les marchés béninois. Difficile au Togo. La Côte d’Ivoire pourrait être le prochain pays sur la liste. Le quotidien ivoirien Fraternité Matin faisait état, jeudi dernier, d’un unique paiement frauduleux de 100 000 F CFA effectué dans une agence de location de voiture. Mais la libre circulation des biens et des personnes assurée dans la zone de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo) fait craindre le pire. Le trafic pourrait se répandre comme une traînée de poudre dans toute la sous-région. Cependant,  » les enquêtes, nécessairement conjointes, avancent « , déclare un responsable sous couvert d’anonymat.

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