Les expatriés sénégalais en colère

La dernière génération d’enseignants sénégalais expatriés au Gabon en 1999, n’a toujours pas perçu de salaire. Une situation que les enseignants dénoncent depuis quelques mois avec véhémence.

La colère n’en finit pas de gronder chez la dernière génération d’enseignants sénégalais expatriés au Gabon. Ces derniers ont la nette impression de s’être fait berner par le gouvernement gabonais qui les a fait venir sur son sol pour enseigner en septembre 1999. Car depuis cette date, et bien qu’ils aient effectué leur travail, ils n’ont toujours pas touché de salaire…

 » De septembre 1999, à septembre 2001, nous n’avons reçu aucun salaire. C’est une somme de 9 millions de francs que le Gabon doit à chacun de nous « , tempête dans Le Soleil El Hadj Mansour Mboup de l’Amicale des enseignants sénégalais au Gabon. Les 33 enseignants, recrutés dans le cadre d’un contrat local avec la Fonction publique gabonaise, sont répartis dans toutes les provinces du pays et enseignent dans toutes les disciplines.

Sit-in et pétitions

En 1999, le billet d’avion payé de leur poche, ils débarquent à l’aéroport de Libreville. Personne ne les y accueille.  » Nous avons attendu 43 jours avant de recevoir les affectations et certains n’avaient même pas d’argent de poche alors que la vie est très chère au Gabon « , poursuit Mansour Mboup. Enervés et démotivés, ils dénoncent aujourd’hui leurs conditions de travail.

Les enseignants sénégalais ont ainsi organisé une grève, du 7 au 15 mars dernier, et ont multiplié pétitions et sit-in devant le ministère. Depuis, rien. Leurs revendications sont restées lettres mortes. Elles sont pourtant claires : avoir le droit à la couverture sanitaire, au séjour gratuit (les étrangers paient une carte de séjour qui s’élève à 850 000 FCFA pour les Sénégalais) et à des transports gratuits pendant les vacances scolaires (recrutés à Dakar, donc hors du Gabon, les enseignants ne bénéficient pas d’un contrat expatrié mais d’un contrat local et n’ont pas le droit à un billet pour retourner au Sénégal).

Les professeurs sénégalais se plaignent aussi des résiliations abusives de contrat et du sort réservé aux expatriés mis à la retraite.