Les étudiants tunisiens à l’heure du Net

L’enseignement à distance est une réalité en Tunisie et l’Université Virtuelle de Tunis le prouve. Développer des synergies entre l’enseignement à distance et son pendant traditionnel pour une formation de qualité. Telle est l’ambition première de l’institution qui veut se donner le temps d’atteindre ses objectifs. Entretien avec son président, Houcine Chebli.

Née en février 2003, l’Université Virtuelle de Tunis (UVT) est l’une des dix universités du pays. Elle compte près de 3 000 étudiants en formation initiale, 50 en formation continue et une filière de technicien supérieur en gestion des entreprises. Des chiffres qui témoignent des débuts prometteurs de l’institution qui vient de souffler sa première bougie. Les détails d’une aventure éducative en passe de devenir une success story avec son président, Houcine Chebli.

Afrik.com : Quelles sont les missions de l’UVT ?

Houcine Chebli : Les missions de l’UVT s’articulent autour de deux axes principaux. Nous distinguons deux types d’enseignement à distance : l’enseignement à distance intégré et intégral. L’enseignement intégré s’inscrit dans le cadre de la formation initiale. Un étudiant, inscrit dans l’une des universités tunisiennes ou institut d’enseignement supérieur, peut suivre un module par le biais de l’UVT si les autorités scientifiques de son établissement estiment que celui-ci peut être dispensé à distance. L’enseignement intégral, quant à lui, correspond à la formation continue. Notre objectif, à l’horizon 2006/2007, en ce qui concerne l’enseignement à distance intégré, est que 20% des cours suivis jusqu’ici en régime présenciel (présence physique des étudiants en cours, ndlr) puissent être assurés par l’UVT. Prenons, par exemple, une première année de sciences physiques qui comprendrait dix modules. Le but de l’UVT est de pouvoir en enseigner deux. Cela permettrait de désengorger les amphithéâtres et de faire face aux effectifs pléthoriques des universités tunisiennes.

Afrik.com : Quelles sont les formations dispensées actuellement par l’UVT ?

Houcine Chebli : Nous sommes dans une phase expérimentale. A ce jour, l’UVT dispose d’une filière de formation de techniciens supérieurs en gestion des entreprises qui s’étend sur cinq semestres. Chaque semestre, sanctionné par un examen final, correspond à un niveau qui comprend neuf modules. Cependant, notre priorité reste la formation des enseignants, en Tunisie ou à l’étranger, aux problématiques liées à la formation à distance, au développement et à la production des contenus. Nous avons ainsi récemment envoyé un groupe au Canada. Il s’agit de les former à la scénarisation, à la numérisation des contenus, à la pédagogie, à la façon de rendre leurs cours plus interactifs… Dans la même optique, nous avons initié des partenariats avec des universités comme celle d’Amiens en France ou encore invité des confrères étrangers.

Afrik.com : Quel est le profil des étudiants et quel est leur nombre ?

Houcine Chebli :Pour ce qui est de l’enseignement intégré, l’UVT en compte 3 000. Sur les 300 candidats qui se sont présentés pour suivre notre filière de technicien supérieur, comme il s’agissait d’une première expérience, nous n’avons retenu que cinquante candidatures. Ils travaillent tous et s’inscrivent dans une fourchette d’âge de 25 à 30 ans. Certains d’entre eux n’ont pas eu l’opportunité de suivre des études universitaires après leur baccalauréat.

Arik.com : A combien s’élèvent les frais d’inscription à l’UVT ?

Houcine Chebli :Ces frais sont adaptés au coût de la vie en Tunisie. Les étudiants qui suivent des modules dispensés par l’UVT n’ont aucun frais puis qu’ils se sont déjà acquittés d’une scolarité. Par contre, les étudiants inscrits dans le cadre de la formation continue ont des frais d’inscription qui s’élèvent à 180 dinars par semestre.

Arik.com : Comment se déroulent les cours ?

Houcine Chebli : Les étudiants ont un login et un mot de passe qui leur permettent d’accéder à leurs modules qu’ils peuvent télécharger sur la plate-forme de l’UVT. Les cours sont dispensés par ateliers de 20 étudiants. Chacun d’eux est suivi par un tuteur, un enseignant mis à disposition par les établissements membres du réseau sur lequel s’appuie l’UVT (plus d’une dizaine d’établissements dont les dix universités tunisiennes, ndlr). Ils disposent également d’un planning de devoirs. Les examens se déroulent en régime présenciel puisque les étudiants sont rattachés à des universités sur un critère géographique.

Arik.com : Les étudiants sont-ils satisfaits de cette formation ?

Houcine Chebli : A mon avis, ils sont contents et très motivés par cette nouvelle philosophie de l’enseignement. Les jeunes apprécient beaucoup plus que les adultes tout ce qui est relatif aux nouvelles technologies. On retrouve cet engouement à l’échelle du pays. Le gouvernement tunisien ne ménage aucun effort en matière de développement des nouvelles technologies. Tout le monde est mobilisé à la faveur du sommet mondial de l’information qui se tiendra en 2005 et l’UVT profite de cet environnement favorable.

Arik.com : Quelles sont les projets de l’UVT ?

Houcine Chebli : Nous travaillons sur le développement d’autres contenus, notamment la création d’un master en informatique et multimédia, en révision comptable ou encore un premier cycle d’économie de gestion. Notre ambition est d’offrir plus de contenus et d’élargir notre public. Nous souhaitons aider à la formation des futurs cadres tunisiens grâce l’enseignement à distance qui représente une véritable innovation technologique et peut permettre une gestion optimale des espaces dédiés à l’enseignement.

Visitez le site de l’UVT.