Les ethnologues en herbe

Ethnokids est une association citoyenne qui veut sensibiliser les jeunes à la diversité des cultures. Elle leur propose un site où ils peuvent faire partager leur mode de vie. Premiers pas d’ethnologues.

Si vos enfants ou vos élèves vous disent  » plus tard je voudrais être ethnologue « , alors sachez que ce site est fait pour eux et qu’ils sont des ethnokids. N’ayez crainte il ne s’agit là ni d’extra-terrestres ni d’androïdes. En fait, ce mot bizarre désigne tout simplement les enfants de 7 à 14 ans, originaires de tous les horizons, qui racontent sur le site en textes, photos, illustrations ou reportages leur façon de vivre. Eh oui, si l’ethnologue est un scientifique qui observe et analyse les cultures et modes de vie, l’ethnokid est un enfant curieux qui a envie de faire partager sa culture ! Le principe est simple : plusieurs classes du monde entier participent au projet et animent le site par leurs différentes contributions.

Diversité et tolérance

Ethnokids est donc un site relayé par une association qui a plusieurs objectifs. Elle veut sensibiliser les jeunes à la richesse des cultures et leur apprendre à respecter les enfants d’origines diverses côtoyés chaque jour à l’école. Il s’agit d’une association civique qui veut prévenir les comportements d’exclusion et d’intolérance. L’ethnologie lui sert de vecteur. Les enfants d’Afrique, d’Asie, d’Amérique ou d’ailleurs dessinent leurs rues et les monuments typiques de leur pays. Ils décrivent leur écoles et leurs coutumes. Firas qui est en classe à San Pedro en Côte d’Ivoire explique la fête de Tabaski  » On part à Monogaga. C’est une plage. On prend avec nous un mouton pour l’égorger et après, quand on a fini, on le grille et on le mange. Après on part nager « .

Les élèves parlent de leur vie quotidienne, des jeux qu’ils aiment, des histoires traditionnelles de leur pays. Ils donnent des recettes bien de chez eux, thé à la menthe, foutou, bière de mil ou poulet braisé. Chaque classe qui s’engage à fournir un travail régulier a un totem qui la représente. Les CM1/CM2 de Cotonou par exemple ont choisi l’hibiscus car  » quelle que soit la variété, la fleur s’épanouit toujours « . Les enfants réalisent également des reportages sur différents sujets.  » Ensuite toutes les classes en discutent. C’est un véritable apprentissage dans la découverte des cultures  » confie Chantal de Bruycker, ethnologue responsable d’Ethnokids.

L’Afrique désirée

Mais l’association a envie d’étendre son réseau et principalement en Afrique. Pour l’instant seules cinq classes africaines participent au site. Des enfants béninois, burkinabés, marocains, ivoiriens et égyptiens qui nous expliquent la vie chez eux. Chantal de Bruycker insiste :  » toutes les cultures d’Afrique doivent être données à voir. On doit absolument sortir des préjugés concernant ce continent « . Pour cela, des relais sont nécessaires et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. On compte aussi sur le bouche-à-oreille pour faire passer le message.

L’association a aussi le projet de monter une base de données sur les modes de vie dans le monde francophone à destination des écoles élémentaires et secondaires. Il s’agirait moins d’un répertoire que d’un outil qui serait utilisé pour les apprentissages fondamentaux, par exemple dans le cadre d’un cours d’histoire ou de géographie. L’équipe d’Ethnokids lance donc un appel pour la recherche de partenaires et de sponsors dans tous les pays. Musées, écoles, bibliothèques et autres, si vous êtes intéressés n’hésitez pas à rejoindre cet îlot de culture, de fraîcheur et de tolérance.

Le site