Les entreprises se liguent contre le VIH

« Notre expertise au service du monde de l’entreprise », cela pourrait être le slogan de la Coalition mondiale des entreprises contre le sida qui rassemble 137 entreprises dans le monde, dont les plus importantes de la planète. Des multinationales qui sont bien évidemment implantées en Afrique où elles mènent des actions concrètes.

L’objectif de la Coalition mondiale des entreprises contre le sida (Global Business on HIV/aids, GBC) est d’apporter son expertise aux entreprises en matière de lutte contre le sida. En capitalisant les bonnes pratiques de ses membres, elle est en mesure de les aider à mettre en place un plan d’action intégrant la prévention, les soins et l’accès aux anti rétroviraux, pour les salariés et leurs familles. Avec 137 adhérents, dont les plus importantes multinationales de la planète, la GBC pèse de tout son poids pour permettre aux entreprises d’accéder à l’assistance technique et aux mécanismes internationaux de financement. Ainsi, depuis décembre 2003, la GBC a lancé un programme de co-investissement (partenariat public/privé) avec le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Une modalité d’action que les entreprises semblent apprécier dans la mesure où elles souhaitent maîtriser la gestion de leurs fonds. L’Afrique, compte tenu de l’importance de la pandémie du sida, est bien évidemment un terrain d’action de choix.

Collaborer : une nécessité

« Coca Cola est l’un des principaux employeurs en Afrique, notamment à travers un important réseau de sous-traitants. Ils ont par conséquent décidé d’apporter un appui tout particulier à leurs embouteilleurs sur le continent. De même, L’Oréal, qui dispose en Afrique du Sud d’un réseau de près de 15 000 petits coiffeurs, les forme à l’hygiène et les sensibilise aux comportements à risque dans le domaine du sida. Chaque entreprise a une démarche qui dépend de son lieu d’implantation, de son activité… », explique Thérèse Lethu, directrice de l’antenne européenne de la GBC qui a ouvert ses portes à Paris (France) au début de l’année. « En Afrique, le rôle de l’entreprise dans le tissu social est très important », poursuit-t-elle.

Au Cameroun, par exemple, la filiale du groupe français Lafarge, Cimencam, qui a construit un dispensaire à Figuil, traite ses employés et leurs familles. Dans une démarche de co-investissement, la firme pourrait mettre son expertise au service des communautés locales, dans le cadre d’un projet en collaboration avec les pouvoirs publics. Exemple concret au Nigeria où le pétrolier Shell dispose d’un réseau de cliniques ouvertes aux communautés locales et dont le corps médical est rémunéré par l’Etat. Selon Thérèse Lethu, le sida contribue, dans une large mesure, à une revalorisation de la médecine du travail en Afrique où la sécurité sociale est fortement défaillante. L’économie et la santé deviennent ainsi des alliés. Une nécessité quand on sait que « des études estiment que les pays dans lesquels plus de 20% de la population est affectée par le virus du sida peuvent s’attendre à une baisse de leur produit intérieur brut de 2,5% par an ». Jürgen Schrempp, le président de la multinationale Daimler Chrysler, est à la tête de la GBC depuis juillet 2002 et Bertrand Collomb, président de Lafarge, est son vice-président.

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