Les émeutes gagnent Yaoundé

La crise qui secoue le Cameroun depuis lundi, suite à la grève des transporteurs urbains, s’est étendue mercredi à Yaoundé, la capitale politique, qui était jusque-là relativement épargnée par les violences.

Depuis le début de la grève, les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre étaient circonscrits à Douala, la capitale économique du pays, faisant une douzaine de morts selon des sources indépendantes.

Mercredi matin, la fièvre s’est emparée de Yaoundé où les taxis avaient pourtant brièvement repris du service à la suite de l’annonce, la veille, d’une légère baisse des prix du carburant.

La situation a rapidement dégénéré, des groupes de vandales, apparemment sans coordination, ont pris possession de la rue, dressant des barricades et incendiant des pneus dans plusieurs quartiers de la ville.

Toute la matinée, ces groupes ont joué à cache-cache avec les forces de l’ordre soutenues par des militaires, tandis que certains témoins ont même fait état de l’intervention de la Garde présidentielle.

La chaîne de télévision privée Canal 2 a signalé deux morts aux quartiers Biyem Assi et Carrière, à Yaoundé.

Tous les marchés et les magasins de la ville ont été fermés et aucune voiture ne pouvait circuler sans risquer d’être attaquée par les manifestants.

A moins de mesures énergiques de la part du gouvernement, le Cameroun risque de s’installer dans une crise sociale qui pourrait devenir rapidement politique, compte tenu des soupçons qui planent sur l’opposition.

Le régime, lui-même, a commencé à inspirer des contre-manifestants à Douala et à Yaoundé, ce qui fait craindre des affrontements entre les militants de l’opposition et du parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC).