Les dessous de la visite de John Kerry en Egypte

Le secrétaire d’Etat américain Jonh Kerry a entamé ce dimanche une visite de quelques heures en Egypte. La première depuis le renversement de l’ex-Président Mohamed Morsi par l’armée le 3 juillet. Cette visite est destiné à relancer les relations entre les deux pays en froid depuis la destitution du chef de l’Etat égyptien.

Depuis le renversement de Mohamed Morsi le 3 juillet par l’armée, Washington n’avait pas envoyé de représentant en Egypte. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est donc le premier chez le grand allié arabe des Etats-Unis pour tenter de relancer leurs relations qui se sont refroidies depuis l’éviction du chef d’Etat issu des Frères musulmans. L’état actuel de l’Egypte sera donc passé au peigne fin par le secrétaire d’Etat américain. Le Caire est la première étape d’une tournée de 12 jours qui doit le mener en Arabie saoudite, en Israël, dans les territoires palestiniens, en Jordanie, aux Emirats arabes unis, en Algérie et au Maroc.

Washington, qui a condamné la répression menée à l’encontre des pro-Morsi, a gelé une partie de son aide accordée à l’Egypte, sans pour autant considérer le renversement de Mohamed Morsi comme un « coup d’Etat ». Mais le gel de l’assistance américaine au Caire a également reçu un accueil glacial en Arabie Saoudite, autre grand allié stratégique des Etats-Unis. John Kerry doit également s’y rendre pour s’entretenir avec le roi Abdallah. Discussions qui seront sans doute houleuses.

Les Etats-Unis avaient en effet, en octobre dernier, réévalué l’aide à l’Egypte, estimée à 1,5 milliard de dollars par an, dont 1,3 milliard d’aide militaire. Selon la diplomatie égyptienne, Washington a ainsi gelé partiellement son aide, essentiellement militaire, à l’Egypte en mesure de rétorsion, aggravant la « phase délicate » des relations bilatérales.
Une page que l’Egypte souhaite désormais tourner, affirmant vouloir « élargir ses options pour servir ses intérêts nationaux », selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Badr Abdelaty.

Une visite à la veille du procès de Mohamed Morsi

Arrivé au Caire dans l’après-midi, John Kerry doit rencontrer son homologue Nabil Fahmy, le Président de transition Adly Mansour, ainsi que le nouvel homme fort du pays, le chef de l’armée Abdel Fattah al-Sissi. Leurs discussions porteront entre autres sur la transition politique promise par la feuille de route rédigée par les militaires et ses avancées, afin de déterminer quand « il sera possible de lever le gel (de la livraison) de certains équipements », a indiqué un haut responsable du département d’Etat.

Jonh Kerry devrait aussi plaider pour que cette transition soit « viable, démocratique » et qu’elle « inclut toutes les parties ». Le secrétaire d’Etat américain va également rencontrer des acteurs de la société civile pour évoquer avec eux les inquiétudes des défenseurs des droits de l’Homme. Plus d’un millier de personnes, en majorité des militants pro-Morsi, ont été tuées depuis le renversement du Président par l’armée, et près de 2 000 d’entre eux, dont des responsables Frères musulmans, ont été interpellés.

Une visite qui arrive juste à la veille de la tenue du procès de Mohamed Morsi, qui doit comparaître avec 14 autres responsables Frères musulmans, pour « incitation au meurtre » de manifestants qui contestaient son régime devant son palais présidentiel fin 2012. Les Etats-Unis avaient réclamé à plusieurs reprises la libération de Président déchu. Réitéreront-ils cette requête par la voix de John Kerry ?