Les desseins sportifs de Kadhafi fils

Le conseil d’administration de la Juventus de Turin a ouvert ses portes à Saadi, l’un des fils du colonel Moammar Kadhafi. Il détient 7,5 % du capital du célèbre club piémontois et ne compte pas s’arrêter là.

Dans la grande famille du chef d’Etat libyen, Moammar Kadhafi, l’heure de se faire un prénom a sonné. Après Seif El Islam, négociateur dans l’affaire des otages de l’île de Jolo (Philippines), voici venu le tour de Saadi, le sportif. Depuis le début de la semaine, il est membre du conseil d’administration (CA) de la mythique formation turinoise de football, la Juventus. Agé de 29 ans, Saadi, fait son entrée au sein du CA de la Juventus comme représentant de la société d’investissement libyenne, Lafico (Libyan Arab Foreign Investment compagny), qui détient 7,5 % du capital de la formation piémontoise.

Il faut dire que sur le sport, et en l’occurrence le football, Saadi Kadhafi en connaît un rayon. Mieux, il en a fait un cheval de bataille. Milieu de terrain offensif, il a été de la dernière campagne des éliminatoires de la Coupe du Monde 2002, avec l’équipe nationale libyenne. Contre le Cameroun à Yaoundé, en janvier 2001, il n’a dû céder sa place que dans le dernier quart d’heure du match, terrassé par de violentes crampes.

Futur président de la Caf

Outre ses talents de footballeur, Kadhafi fils est vice-président de la Fédération libyenne de football (FLF) et président d’un club très ambitieux, Al Ittihad de Tripoli. Deux fois recalé en demi-finale des compétitions continentales inter-clubs, Al Ittihad version Saadi voudrait offrir à la Libye sa première Coupe d’Afrique des clubs. Pour ce faire, il n’a pas lésiné sur les moyens. Il a fait venir dans la capitale libyenne des joueurs de grande expérience. L’international camerounais et ballon d’or africain 2000, Patrick Mboma Ndem, le Nigérian Victor Ikpéba, ex-sociétaire de Borrussia Dormund (Allemagne) et de l’As Monaco (France) ont rejoint Tripoli à l’intersaison.

Saadi Kadhafi ne nourrit pas que de gros projets pour son pays, il en a également pour l’Afrique du football. Il a déclaré le mois dernier vouloir succéder au Camerounais Issa Hayatou, président de la Confédération africaine de football (Caf) depuis 14 ans. Son argument de campagne : faire valoir ses relations pour que l’organisation de la phase finale de la Coupe du Monde 2010 revienne à l’Afrique.