Les délestages s’invitent aux fêtes de fin d’année au Cameroun


Lecture 3 min.
Pylône pour transporter l'électricité
Pylône pour transporter l'électricité

On ne cessera jamais de parler du problème d’électricité qui se pose avec acuité dans de nombreuses villes camerounaises. Malgré l’existence de six grands barrages hydoélectriques : Edéa, Songloulou, Mapé, Mbakaou, Lagdo, Bamendjin et de huit petits barrages: Mokolo-Nord, Mokolo Douvar, Djingliya, Méri 816, Méri 817, Tala Mokolo 832, Tala Mokolo 89, Yaoundé-Nkolbisson. Mêmes les fêtes de la nativité (Noël) et de nouvel an, n’ont pas été épargnées.

Dans un communiqué d’Eneo (concessionnaire du service public de l’électricité au Cameroun), daté du 21 février 2022, il était écrit : « L’ensemble du système électrique dans ses segments production, transport et distribution, connaît des contraintes. Ceci entraîne un déficit énergétique qui est accentué par deux principaux facteurs : la saturation du réseau de transport : la limitation de la production dans certaines centrales, soit pour maintenance, contraintes d’approvisionnement en combustibles ou du fait de l’étiage ».

« Une fois le buffet ouvert lors de la fête de la nativité, nous avions connu une coupure brusque d’électricité. Pour gagner du temps, nous avions demandé aux invités de se servir dans le noir. Ceux qui avaient les téléphones avec torche, les avaient allumés. Nous y avions ajouté des bougies. Et ce qui est étonnant, c’est que le quartier voisin qui était dans l’obscurité, nous l’avions vu alimenté.

ENEO dans le collimateur

Alors, j’ai comme l’impression qu’Eneo (compagnie de distribution de l’électricité au Cameroun) a un interrupteur. lorsqu’on appuie sur « on », un quartier/localité s’allume. Et lorsqu’on appuie sur « off », le quartier/localité alimenté, rentre dans l’obscurité. Depuis que ce jeu d’interrupteur a commencé, nous sommes dans l’impossibilité de faire nos devoirs à partir de 17 heures, mêmes les salles de conférences dans les hôtels et autres lieux, les morgues, …subissent également. Seuls les laptops peuvent vous mettre à l’abri de ces coupures intempestives », déclare Félicité D. élève en classe de Terminale.

« Cette situation désolante gâte les appareils, les denrées alimentaires, entraîne inévitablement un fort taux d’échecs aux examens officiels et concours, et cela se ressent aussi dans d’autres secteurs d’activité. A quand donc la fin des délestages dans notre pays ?», a-t-elle ajouté.

A quoi servent les barrages hydrauliques ?

Pour le maçon Raphaël Tchenoua, « je n’arrive toujours pas à comprendre que dans un pays comme le nôtre, disposant autant de cours d’eau et de barrages, que les populations dans les zones urbaines et rurales continuent à avoir difficilement accès à l’eau et à dormir dans le noir. Ces coupures régulières d’eau et d’électricité, il faut le noter, paralysent considérablement les activités économiques, et poussent parfois certains promoteurs à fermer boutique. Et là où le bât blesse, c’est que les impôts, les compagnies de distributions d’eau et d’électricité, ne tiennent pas compte de tous ces désagréments (le personnel est présent au lieu de travail, mais ne peut rien faire, les produits qui se gâtent, par manque de ces deux précieux liquides) ».

« Face aux multiples délestages, je constate deux classes de populations. D’une part les riches (une minorité), qui ont des groupes électrogènes pour se ravitailler en électricité et des forages, pour de l’eau. Et d’autre part les pauvres (majoritaires), qui dans l’impossibilité de s’offrir tout ce confort, ne peuvent que dormir dans l’obscurité. Et ce que ce soient dans les moments de joie (mariage, anniversaire, voir bébé, fêtes de fin d’année) ou de malheur. Pourquoi le gouvernement ne libéralise-t-il pas ces secteurs d’activité ? Pourquoi le gouvernement n’encourage-t-il pas la production des autres sources d’énergie (solaire,…) ? », a-t-il ajouté.

Suivez Afrik.com sur Google News Newsletter