Les Daurades sur le trottoir

Il était une fois une rue parisienne pleine de vie. Avec d’un côté les cosmopolites et les révisionnistes de l’autre. Forcément, ils ne s’aiment pas. Chaque clan a son café. Fellag (oui, l’humoriste) signe un premier roman enjoué.

C’est vrai que Monsieur Georges est raciste, c’est lui qui le dit. Il a choisi son camp. Peut-être pas définitivement. Mais bon, il faut bien qu’il poursuive la racaille le soir. Monsieur Georges est fort. Presque aussi fort que Farid. Pas tout à fait. Car Farid vient d’avoir une fille avec la belle Wanda, la Serbo-bosnio-croate. Obligé qu’il soit plus fort. Avec un tel amour qui déborde dans l’escalier de l’immeuble, Georges hésite sur la tenue à prendre. Monsieur a eu un prix littéraire. Son livre raconte la vie  » de vraies gens « . Toute l’histoire se passe aux  » Champs Alizés « , déformation poétique involontaire d’un lieu célèbre, le restaurant du couple berbère le plus mythique au monde. Si vous ne croyez pas Fellag, demandez à l’Académie française.

C’est l’amitié qu’on assassine !

Le patron de l’autre bar, le Revizor, n’est pas content. Pas du tout, Monsieur. Si l’on ne prend pas garde, il n’y aura plus un Français dans la rue des Daurades. Chinois, Arabes, Noirs … Salauds de squatters. Hein, même le pédé français de l’immeuble n’a aucun respect pour la tradition. Il demande à un Arabe d’éparpiller ses cendres. Comme si un Gaulois de pure souche ne pouvait jeter ses cendres sidéennes ! Il faut réagir vite, très vite !

Les deux camps s’observent en chiens de faïence. Qui va céder ? Au Revizor, on fait appel aux gros bras. Farid, fort du soutien d’un académicien, est rejoint par José Bové, le professeur Schwartzenberg, Jaccard et tous les sans-papiers. Les deux France se jaugent, se jugent. Scène improvisée sur les quais de Seine. Musique, merguez et discours. Et que la bière coule à flots ! Au Revizor, on est moins festif, mais tout aussi déterminé.

Farid fait demi-tour. Il devait acheter une maison dans l’Ariège, mais il a oublié qu’il n’a pas d’argent. Le rêve n’est pas mort. Par contre, les cendres du mort doivent être dispersées. Vite, très vite. C’est que Farid a donné sa parole. La suite ? Elle est dans la vie, rue des Daurades.

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