Les compagnies africaines en nette évolution

Le Secrétaire général de l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), M. Christian Folly-Kossi, a qualifié d’extraordinaire la progression du trafic des compagnies africaines en 2005 et estime qu’il en sera de même, sinon davantage, en 2006, dans une interview accordée jeudi à la PANA.

Le Secrétaire général de l’AFRAA, qui devra présenter le 6 novembre, au Caire (Egypte), devant le 38e Assemblée générale de l’AFRAA, le bilan des activités de son association qui compte une quarantaine de compagnies aériennes du continent, évalue à 16% la progression du trafic à l’intérieur du continent au cours de l’année 2005.

« Le trafic transporté par les compagnies aériennes africaines à l’intérieur de l’Afrique comme sur les routes internationales, a été de 39 millions en 2005, en progression en passagers/kilomètres transportés de 12,2% par rapport à l’année précédente ».

« Cette évolution se poursuit en 2006 avec un point important à retenir: à l’intérieur de l’Afrique le trafic a connu une progression extraordinaire de 16% en 2005 par rapport à 2004. Il en sera de même, sinon davantage, en 2006 », a indiqué M. Folly-Kossi.

L’AFRAA fonde ce résultat sur les retombées de la situation économique du continent ainsi que sur les impacts de l’intégration économique régionale sur l’évolution du commerce intra-africain dont le transport aérien est tributaire.

« La croissance macro-économique du continent, qui s’élève à 5%, c’est-à-dire au-dessus de la moyenne mondiale et la dynamique d’intégration économique promue et soutenue par l’Union africaine, le NEPAD et les Communautés économiques régionales, commencent à générer plus de commerce intra-africain et de trafic aérien, grâce au sens d’anticipation et aux ouvertures de lignes opportunes des compagnies aériennes du continent », précise le Secrétaire général.

C’est ainsi que les compagnies africaines les plus dynamiques ont saisi cette opportunité pour ouvrir de nouvelles dessertes à l’intérieur du continent et permettre aux passagers de circuler plus facilement en Afrique.

« Au nord du continent, Royal Air Maroc, Afriqiyah Airways de la Libye et EgyptAir ont ouvert de nouvelles lignes en Afrique sud-saharienne; Ethiopian Airlines et Kenya Airways ont rivalisé de vitesse pour desservir l’Afrique centrale jusqu’en Angola et l’Afrique de l’Ouest jusqu’à Dakar; South African Airways opère maintenant des vols quotidiens totalement pleins sur les Etats-Unis via Dakar », révèle M. Folly-Kossi qui se félicite également de la percée opérée par des compagnies africaines dans le ciel international.

« Sur le plan international, les grandes compagnies du continent commencent enfin à se faire accepter dans les grands groupes d’alliance des compagnies aériennes du monde ».

M. Folly-Kossi cite South African Airways « désormais membre à part entière de Star Alliance », Kenya Airways, Royal Air Maroc, Air Mauritius, Air Seychelles qui, « en raison de leurs partenariats respectifs avec KLM et Air France, ont des statuts de membres associés avec Sky Team ».

« Ethiopian Airlines et EgyptAir ont également engagé avec des partenaires européens des discussions qui devraient les amener incessamment aux mêmes statuts », a fait remarquer le Secrétaire général de l’AFRAA.

La formation, au niveau africain, de ces alliances, demeure un passage obligé auquel l’AFRAA ne cesse d’inviter ses membres, dans le but essentiellement de réduire les coûts, à l’image des bénéfices qu’offrent Star Alliance et Sky Team à leurs membres.

« L’intégration de ces compagnies aux grands groupes du monde permettra d’étendre leur réseau de vente et d’offre au monde entier, d’opérer des économies d’échelle, en faisant des achats en gros avec les autres. Ces groupes d’alliance conduisent également des recherches et apportent des innovations technologiques à l’ensemble de leurs membres à des niveaux de coût réduit, parce que partagé », a- t-il expliqué.

Face au coût excessif du carburant, de la maintenance, des pièces détachées et autres services aéroportuaires, les compagnies aériennes africaines sont quasiment condamnées à constituer, autour des transporteurs relativement développés, des alliances nécessaires à faire face aux défis qu’impose le développement de l’industrie du transport aérien.

Le directeur général de Kenya Airways, Titus Naikunibet son homologue d’Air Seychelles, le capitaine David Savy, abondaient dans le sens de l’AFRAA, il y a quelques mois, lorsqu’ils préconisaient une stratégie de collaboration susceptible de permettre aux compagnies les plus prospères du continent de « partager leurs ressources et leur expertise avec celles qui auront choisi la bonne voie », celle de la rentabilité, afin d’accélérer le développement du secteur.