Les coiffures traditionnelles magnifiées par Ojeikere


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Ojeikere Okhai coiffure

Pour sa première sortie hors du Nigeria, l’œuvre du photographe Okhai Ojeikere, qui fête ses cinquante ans de photographie, s’expose à la Fondation Cartier à Paris jusqu’à dimanche. Voyage artistique entre l’éphémère des coiffures et l’immortalité des clichés photographiques

Les photographies de J. D. ‘Okuai Ojeikere, qui proviennent de la CAAC – The Pigozzi Collection de Genève, ont trouvé leur place à la Fondation Cartier. L’œuvre majeure du photographe, Hair Style, rassemble plus de mille clichés de coiffures de femmes, et l’exposition en propose un peu plus de quatre-vingt.

Le travail de cet artiste, né en 1930 au Sud-Ouest du Nigeria, est consacré depuis la fin des années soixante à la culture nigériane. Les clichés sont le plus souvent pris de dos et cadrés serré afin de ne retenir que l’essentiel : la coiffure, et à l’occasion une oreille ourlée parée d’un bijou, ou le dessin parfait d’une nuque d’ébène. Le fond blanc, utilisé comme un écrin, donne un effet de contraste violent, et fait ressortir le côté géométrique des coiffures. Chacune a sa propre architecture, sa propre construction que l’on imagine longue et minutieuse. La lumière est caressante, elle lustre les cheveux.

Sculptures vivantes

Véritables sculptures, mélange de force et de délicatesse, ces coiffures servent de parures aux femmes qui les portent. Le regard du photographe se pose ainsi sur la tradition, la féminité, la sensualité. Mais si ces coiffes servent à séduire, elles renseignent aussi sur leurs propriétaires (clan, rang social) et sur l’occasion qui les a nécessitées (fêtes, grandes occasions, vie quotidienne).

Le travail méthodique des coiffeuses trouve un écho dans le travail non moins méthodique du photographe. Travail qui se rapproche de la compilation, de l’inventaire, afin d’offrir à ces coiffures éphémères le petit bout d’éternité qu’elles méritent.

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