Les canons de Yaoundé

Demain va commencer le sommet des chefs d’Etat de France et d’Afrique organisé cette année à Yaoundé : plus qu’un rendez-vous protocolaire, il s’agit de plus en plus d’une réunion de travail dont les orientations guident ensuite les relations bilatérales et les actions lancées en commun.

Il est intéressant d’observer de ce point de vue la composition de la délégation qui accompagne le président français, Jacques Chirac, pour nourrir les travaux de la conférence : outre ses conseillers pour l’Afrique, et notamment Maurice Ulrich, il a pris soin de convier pour ce déplacement sa conseillère pour les nouvelles technologies et la société de l’information, Valérie Pécresse. Et surtout Hervé Bourges, encore pour quelques jours président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui sera pendant les trois jours du Sommet son invité personnel.

Ce choix n’a pas été fait au hasard : créateur puis directeur de l’Ecole internationale de journalisme de Yaoundé, Hervé Bourges n’a-t-il pas présidé, à la demande du président camerounais Paul Biya, le grand colloque international sur l’Afrique, la mondialisation, et la société de l’information, qui a réuni cet automne à Yaoundé les spécialistes venus du monde entier pour envisager l’évolution des médias numériques et d’Internet sur le continent ?… C’est précisément ce colloque qui a constitué l’acte préparatoire le plus important de la conférence qui va s’ouvrir, sous le signe de la mondialisation.

Autant dire que la volonté commune des présidents français et camerounais est de tourner cette rencontre vers l’avenir, et d’en faire une occasion d’élaborer des solutions nouvelles pour accélérer le développement des nouvelles technologies en Afrique. Par un effort nouveau dans le développement des infrastructures haut-débit et des offres Internet, dans les pays du monde qui en ont le plus besoin, pour se raccorder à la Toile mondiale et profiter des nouvelles capacités d’échanges, d’apprentissage, de communication qu’elle ouvre.

L’enjeu, il est vrai, vaut bien que le Sommet y consacre quelques séances de travail. Car connecter l’Afrique est le prochain défi que l’humanité doit désormais réussir pour entrer dans de bonnes conditions dans le prochain millénaire.