Les Brazzavillois et le Fespam

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La 7ème édition du Festival Panafricain de Musique ouvre ses portes ce lundi à Brazzaville, la capitale du Congo. Une semaine de festivités rythmée par une programmation nationale et internationale. Que pensent les Brazzavillois de l’événement ? Micro trottoir.

A la veille de la 7ème édition du Festival Panafricain de Musique (FESPAM 3-7 août), Brazzaville semble nonchalante. Au delà des nombreuses banderoles dans les rues, la seule effervescence apparente est à retrouver au Centre-ville, au siège de la direction dudit festival. Artistes, journalistes et membres du comité d’organisation s’y bousculent. Sur les grandes artères de la ville, les Brazzavillois s’expriment sans complexe sur ce qui reste l’un des plus grands événements musicaux du continent. Propos libres de Brazzavillois.

Par Annette Kouamba pour Fespam.info

Bijou Moussietou, étudiant, 26 ans

« J’espère que la fête sera belle, le seul hic c’est le retour le soir… »

Bijou.jpg« Je vais aller au Fespam avec mes amis. Seul, c’est ennuyeux. Il y a deux ans, j’y suis allé presque tous les jours. Il faut dire qu’à Brazzaville des événements de ce genre, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance d’en avoir. Et on en profite. D’ailleurs, je me suis faite un ami l’année dernière, depuis on n’est inséparables. Nous sommes pourtant de deux quartiers différents. Je suis à Kinsoudi, (arrondissement 1 Makélékélé) et Yvon est à Ouezé (arrondissement 5). C’était vraiment sympa et j’espère aussi que cette année la fête sera belle. Le seul hic c’est le retour le soir. Il n’y a parfois plus de bus et on est obligé de marcher. Mais c’est aussi cela le prix à payer si on veut voir une Princesse Lover sur scène et pourquoi pas espérer se faire photographier ses cotés. »

Davy, militaire, la trentaine

« J’aimerai que les trésors des départements soient plus visibles »

Davy.jpg« Le Fespam est un moment privilégié pour faire connaître le Congo, tant sur le plan touristique que culturel. De la même manière que le Congo regorge de richesses naturelles, vous n’imaginez pas les richesses musicales dont tous les départements du Congo regorgent. Du griot du Pool, aux pleureuses du grand Niari, en passant le Ndara de la Bouenza… Des trésors peu visibles qui mériteraient d’être mis en valeur au lieu de programmer des groupes traditionnels qu’on met place souvent à la dernière minute. Personnellement, j’aimerai que les organisateurs descendent dans les départements et exploitent ces sonorités afin de les mettre en valeur lors du festival. Il faut lui redonner un coup de jeunesse, sinon il va prendre des rides. »

César homo, la trentaine, musicien

« Nous avons un trésor entre nos mains, mais on ne sait quoi en faire »

Cesar-2.jpg« Je suis artiste, mais j’ai décidé de ne pas participer aux présélections car jusqu’à ce jour, je ne sais sur quelles bases les organisateurs s’appuient pour donner aux groupes l’opportunité de s’exprimer lors de cette rencontre internationale. Je pense sincèrement qu’il est temps de dépolitiser ce festival. Comment pouvez-vous expliquer qu’à la veille de l’événement nous n’ayons pas de programmation ? On n’est quand même à la septième édition, donc on a dépassé la période d’expérimentation. En plus, j’aurais aimé il n’y ait un village du festival, un lieu où tous les artistes auraient la possibilité de se rencontrer, de discuter. Nous avons un trésor entre nos mains, mais on ne sait quoi en faire. »

Père Antoine Koubemba, informaticien, la trentaine

« Je vais retourner à Miss Fespam »

Pere-Antoine.jpg« C’est un moment de fête, car le public congolais a la possibilité de voir des artistes de renon sur les scènes nationales et à moindre coût. Cela n’arrive pas tous les jours et donc je vais y aller dès que je serais libre. L’année dernière, je suis même allé à Miss Fespam avec mes sœurs. C’était très drôle de voir ces jeunes filles s’époumoner pour être remarqué lors de l’interview accordé aux différentes candidates. On a vraiment trop ri l’année dernière. Cette année, c’est décidé, on va également y aller. Mais, je pense que les organisateurs devraient revoir les prix des billets qui sont relativement élevés à mon goût. 10 à 20 milles FCFA (15 à 30 euros, ndlr) ce n’est pas donné à tout le monde. »

Dib’, institutrice, 28 ans

« J’aimerais que les têtes d’affiche se produisent également dans les arrondissements »

Dib_.jpg« Pour moi la meilleure édition du festival était le Fespam 2003. Parce que qu’elle a su fédérer tous les Brazzavillois. Il faut dire que les concerts phares se tenaient au stade Alphonse Massamba-Débat, qui est plus central que le stade Félix Eboué où se sont déroulées les éditions suivantes. Je trouve que le festival gagnerait en popularité parmi la population si les têtes d’affiche se produisaient également dans les arrondissements de Brazzaville au lieu d’être cantonnés au seul stade. »

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