Les (bonnes) leçons du Sommet (économique) Afrique-France

De l’avis général, tant du côté français qu’africain, la conférence économique organisée hier dans le cadre du XXVIème Sommet Afrique-France par le Ministère de l’économie et des finances et le Medef International, est considérée à tout point de vue comme une réussite. A juste titre.

D’une part, en évoquant « l’économie d’abord », elle a donné le signal qu’aujourd’hui c’est avant tout à travers ce prisme que doit être abordée la relation entre le continent africain et l’Hexagone. En clair, désormais, l’économique doit être la règle, le sécuritaire l’exception.

D’autre part, quelques recettes simples et en apparence anecdotiques, éprouvées à l’occasion de cette conférence économique, témoignent en réalité d’un profond changement d’état d’esprit :

la totalité des débats étaient retransmis en direct sur Internet. Ainsi, du Cap à Alger, de Dakar à Djibouti, cette conférence « parisienne » était accessible à l’internaute africain – pour peu, il est vrai, qu’il soit équipé ! On peut y voir également le signe d’une volonté d’ouverture et de transparence.

Démonstration a été faite que les débats franco-africains ne sont pas condamnés au huis clos comme par le passé, mais peuvent se tenir sur la place publique.

Le dispositif de traduction quadrilingue (anglais, arabe, français, portugais), mis en place lors de cette conférence, témoigne lui de la volonté de s’adresser à l’ensemble des Afriques et non aux seuls pays de l’ex-pré-carré francophone. Par surcroît, les panels ont fait une large place aux intervenants anglophones, ainsi qu’aux femmes, ce qu’il faut à la fois souligner et saluer.

D’autres éléments, porteurs de renouveau, ont sans doute concouru à la réussite de cette manifestation. Le choix des thèmes a été bien inspiré (formation, agriculture, financement, consommation, etc.). Et les patronats français et africains ont – fait inédit – signé à cette occasion une déclaration commune, comportant une série de résolutions, visant à intensifier leurs relations dans une optique gagnant-gagnant. Enfin les tables -rondes étaient rapides et modernes, ponctuées de pastilles audiovisuelles qui mettaient en avant avec élégance de belles réussites de colocalisation économique entre Afrique et France, dans à peu près tous les secteurs : autant de voies ouvertes pour des coopérations efficaces, au goût du jour…

Last but not least, lors de cette conférence économique, des propositions ont été formulées (celles du rapport Védrine) et un objectif chiffré a été assigné : le doublement des exportations françaises en Afrique d’ici cinq ans, ce qui permettrait de créer un minimum de 200.000 emplois.

Cette conférence économique devait être celle du renouveau. Elle pourrait également être celle du concret.

Par Michael Cheylan pour CAP Afrique