Les blessés de Gaza, soignés du côté égyptien de la frontière

La ville de Rafah est divisée en deux par la frontière entre l’Egypte et Gaza, qui la traverse. A l’hôpital d’Al-Arish, du côté égyptien, le personnel soignant a passé une autre journée mouvementée, le 7 janvier, avec l’arrivée de 29 Palestiniens blessés de Gaza via le point de passage frontalier de Rafah.

Parmi les blessés, l’hôpital a reçu un bébé de neuf mois blessé par balle à la tête, ainsi qu’une jeune femme de 27 ans, touchée aux intestins. Sa sœur, traumatisée, a été calmée par les infirmières à l’extérieur de la salle d’urgence.

Un médecin a expliqué à IRIN qu’il trouvait non seulement des éclats d’obus, mais aussi des balles dans les corps des enfants, signe, selon lui, qu’ils avaient peut-être été ciblés par les soldats de l’armée israélienne. Toutefois, les autorités israéliennes ont fermement nié toute volonté de s’en prendre aux populations civiles.

Bien que l’Egypte ait essuyé des critiques pour sa réticence à maintenir ouvert le point de passage frontalier de Rafah afin de permettre l’acheminement des secours dans Gaza, certains travailleurs humanitaires estiment que le gouvernement a bien réagi.

« L’hôpital d’Al-Arish est désormais très bien équipé pour recevoir les blessés », s’est félicité Ayman al-Hady, directeur d’une équipe d’urgentistes dépêchée par le ministère de la Santé.

Les capacités de l’hôpital ont été développées : « Par exemple, au lieu de six lits au service des soins intensifs, il y en a aujourd’hui 19 », a-t-il expliqué.

Selon M. Al-Hady, l’équipe a été formée aux évacuations aériennes, à l’administration de soins médicaux à bord d’un avion, et à la gestion des crises. Tous les patients sont renvoyés au Caire ou dans d’autres villes, en Jordanie ou en Arabie saoudite.

« La mission de l’hôpital d’Al-Arish est de stabiliser l’état des blessés. Mais une fois que leur état est stable, nous les transférons afin de garder des lits libres pour d’autres victimes », a expliqué Tarek Mahalawy, ministère adjoint de la Santé.

Selon lui, tous les patients qui se présentent dans la région frontalière sont autorisés à entrer en Egypte.

Une frontière chaotique

La situation au point de passage frontalier de Rafah est quelque peu chaotique. Le 7 janvier, du côté égyptien, des camions chargés de matériel médical attendaient l’autorisation des autorités égyptiennes afin de pouvoir entrer dans Gaza.

« Nous sommes là, avec un camion rempli de matériel médical », a expliqué Yilmaz Kizilay du Croissant-Rouge turc.

Les officiers de police égyptiens fouillaient méticuleusement chaque camion. D’autres marchandises sont acheminées par le point de passage frontalier de Kerem Shalom, à quatre kilomètres du point de passage frontalier de Rafah.

« Nous coopérons étroitement avec le Croissant-Rouge égyptien, mais nous voudrions être en mesure de passer de l’autre côté [à Gaza] pour arranger la situation là-bas », a-t-il déclaré.

L’Egypte n’autorise toutefois pas le personnel médical à traverser la frontière, invoquant le danger mortel auquel il serait exposé.

La plupart des magasins sont fermés du côté égyptien de Rafah et la police anti-émeutes a pris position le long de la frontière avec Gaza, notamment près de la zone frontalière de Salah al-Din.