Les attaques xénophobes en Afrique du Sud à la une à Kinshasa

La montée des attaques xénophobes en Afrique du Sud a inspiré les éditorialistes de la presse congolaise de cette semaine qui en ont consacrée l’essentiel de leurs commentaires.

« RSA : Est-ce le chemin de non-retour ? », s’interroge dans son éditorial le quotidien L’Avenir, pro-gouvernemental, qui note que « dans ce monde devenu un grand village, il faut craindre que les émeutiers sud-africains fassent des émules sur le continent ».

« Qui a intérêt dans cet embrasement du continent ? », se demande encore le journal, qui note que le fait que les dirigeants sud- africains, dont l’africaniste Mbeki, s’époumonent pour faire comprendre au peuple que la RSA est une partie du continent qui avait le devoir de solidarité envers tous les Africains en détresse, risque de les opposer à ce peuple. Et les opportunistes risquent de s’emparer de la situation pour en faire une question de la politique politicienne interne », écrit L’Avenir.

« Devant l’insécurité des Congolais en Afrique du Sud, Mbusa Nyamwisi (Ministre congolais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale) et Colette Tshomba (vice-ministre des Congolais de l’étranger) interpellés à l’Assemblée nationale », titre Le Potentiel, un autre quotidien, favorable à l’opposition.

Les députés ont cru comprendre, écrit le journal, que quand bien même la RDC et l’Afrique du Sud font partie de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), cela n’empêche pas que Kinshasa enjoigne Johannesburg à sécuriser de nombreux Congolais qui vivent en Afrique du Sud (80.000).

A cet effet, le bureau de l’Assemblée nationale a proposé à la députation nationale d’entendre d’abord le ministre congolais en charge des Affaires étrangères ainsi que la vice-ministre des Congolais de l’étranger devant la Commission des Relations extérieures de la chambre basse du Parlement pour avoir de plus amples renseignements. Cela, avant de s’adresser au gouvernement du président Thabo Mbeki, écrit le journal.

Commentant le même événement, Le Phare, un journal également favorable à l’opposition, indique que le prix Nobel de la paix sud-africain Desmond Tutu, a rappelé à ses compatriotes que « sous l’apartheid, les Sud-Africains avaient été accueillis dans les pays africains. Nous ne pouvons pas les remercier en tuant leurs enfants », a écrit le prélat, rapporte Le Phare.