Les ambitions pharaoniques d’Orascom Telecom

L’entreprise de télécommunications égyptienne Orascom Telecom engrange des bénéfices et ambitionne de devenir leader en téléphonie au Moyen Orient et en Afrique. L’opérateur égyptien s’allie à France-Télécom pour le téléphone mobile

Orascom Telecom est intéressé par l’acquisition de la deuxième licence de téléphones portables lancée par le gouvernement tunisien depuis un mois. La concession est de 15 ans, renouvelable pour 5 autres années. L’opérateur égyptien de téléphonie mobile a enregistré un bénéfice net consolidé de 37,3 millions de livres égyptiennes (9,7 millions de dollars) en 2000, en baisse de 1,84% sur celui de l’année précédente, mais a décidé de poursuivre son développement au Moyen Orient et en Afrique. Le chiffre d’affaires a atteint 2,1 milliards de livres contre 1,05 milliards en 1999, affirme la direction de l’entreprise pour nuancer la baisse des bénéfices par la mise en perspective des développements réalisés. Orascom Telecom est présente dans 18 réseaux de mobiles, contre deux à la fin de 1999, avec l’achat, au printemps de l’an dernier, de 80% de Telecel Holding International, basé à Genève, qui dispose de licences dans 12 pays africains, dont la Côte d’Ivoire, le Zimbabwe, la Zambie et le Togo.

La bourse s’affole

Morgan Stanley a annoncé mardi dernier l’intégration de l’Egypte dans ses indices d’investissements internationaux (ACWI), qui seront publiés le 31 mai prochain. La Bourse a salué cette nouvelle par une hausse, notamment de ses valeurs technologiques : +5 % pour MobiNil et Orascom Telecom. MobiNil est une filiale créée par Orascom Telecom, Motorola et France Télécom qui compte, aujourd’hui, plus d’un million d’abonnés. L’opérateur français avait déboursé 252 millions de dollars pour racheter les parts de Motorola. Il possède actuellement 71 % de MobiNil, et les 29 % restants appartiennent toujours à Orascom.

Orascom Telecom est détenue à environ 60% par l’homme d’affaires égyptien Naguib Sawiris, le reste étant réparti sur les Bourses de Londres et du Caire. L’entreprise saura, au mois de mai, si sa candidature est retenue par les autorités tunisiennes.