Les albinos en danger d’extermination au Burundi

Un albinos a de nouveau été assassiné au Burundi, la nuit dernière. Cette fois-ci, il s’agit d’une fillette de six ans. Chaque année, des albinos sont tués dans le pays. Quatre l’ont été depuis le début de l’année.

Une fillette albinos de six ans a été tuée d’une balle dans la tête avant d’être décapitée, mutilée des bras et des jambes par des trafiquants présumés d’organes humains, a-t-on appris de source proche de la famille de la victime à Ruyigi, une province de l’est du Burundi où a eu lieu le drame dans la nuit de dimanche à lundi.

Ce forfait porte à quatre le nombre de personnes atteintes par cette maladie déjà tuées depuis le début de l’année 2008, a fait savoir à la presse, le président de l’Association nationale pour la protection des albinos, Cassim Kazungu.

Une récente enquête du Parlement burundais révèle que certains membres et organes des albinos sont écoulés sur le marché sous-régional de la sorcellerie, comme en Tanzanie voisine, moyennant d’importantes sommes d’argent.

Victimes de croyances superstitieuses

Des pécheurs et orpailleurs superstitieux de la sous-région seraient particulièrement en cause dans ce commerce illicite d’organes humains dont ils extrairaient des gris-gris qu’ils croient « porteurs de chance » dans leurs activités respectives, selon la même enquête.

La Police locale à Ruyigi avait pris soin d’extraire des villages tous les albinos encore en vie pour mieux les protéger au chef-lieu de la province, a rappelé M. Kazungu, avant de demander des sanctions exemplaires allant jusqu’à la peine de mort pour punir les coupables de ce genre de forfait.

La dernière victime en date avait profité d’une accalmie trompeuse dans la chasse aux albinos pour retourner au village, a précisé le président de l’association des albinos.

Quatre auteurs présumés du crime sont pour le moment entre les mains de la Police à Ruyigi, a-t-il encore fait savoir.

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