Léonie Mani, fille d’Afrique

La sprinteuse camerounaise Léonie Mani est la seule Africaine à faire son entrée dans l’annuaire 2001 de la Fédération internationale d’athlétisme. Une place chèrement gagnée.

Léonie Mani, sprinteuse camerounaise, championne du Cameroun sur 100 et 200 mètres depuis 1998 est la seule Africaine à entrer dans l’annuaire 2001 de la Fédération internationale d’athlétisme. La jeune athlète de 24 ans, forte de sa victoire du 9 septembre dernier au 200 mètres du Grand Prix de Melbourne en Australie, sauve donc l’honneur du Continent.

Sa compatriote Françoise Mbango, vice championne du monde au triple saut, a manqué la distinction de peu. Elle n’a été classée que troisième au Grand Prix de Melbourne. La Sénégalaise Amy Mbacké Thiam, nouvelle championne du monde du 400 mètres ne figure pas dans cet annuaire. Pas plus que la Marocaine Bidouane Nezha, championne du monde du 400 mètres haies qui s’est classée 5ème à Melbourne.

Coups de gueule

Léonie Mani court donc toujours pour le Cameroun. Elle est pourtant connue pour ses multiples  » coups de gueule  » à l’encontre des responsables sportifs du pays. Aux Jeux Olympiques de Sydney de 2000, elle avait déclaré que le gouvernement camerounais ne s’occupait que du football.  » J’ai l’impression que nous autres sommes délaissés. J’aimerais que le gouvernement camerounais prête la même attention aux autres sports comme l’athlétisme. Je fais ce sport car je l’aime beaucoup. Si je le faisais pour quelqu’un ou pour mon pays, je l’aurais déjà abandonné « , avait-elle alors déclaré.

De fait, la jeune femme a déjà pensé à changer de nationalité. Les Bahamas l’aurait déjà approchée à ce sujet et aux Etats-Unis, où elle étudie, elle a pour meilleures amies les quatre sprinteuses sacrées championnes olympiques à Sydney. De quoi lui donner des idées…Blessée à Sydney, elle avait été abandonnée sans soins et s’était fait hospitaliser à ses frais. Aux dernières nouvelles, le ministre camerounais de la Jeunesse et des Sports lui a alloué une bourse annuelle de 5 millions de FCFA pour trois ans et 3 millions de FCFA pour rembourser les frais médicaux de Sydney. Pour l’instant donc, Léonie Mani est toujours camerounaise.