Législatives en Angola : le pouvoir fête sa victoire, l’opposition crie à la fraude

Sans surprise, le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), au pouvoir, a remporté les législatives de vendredi et samedi avec 82% des voix. Des résultats que l’opposition conteste. Les observateurs internationaux ne remettent pas en cause la validité du scrutin même s’ils confirment des irrégularités.

Les premiers résultats, des premières élections législatives depuis 1992, organisées vendredi et samedi se sont soldées par une large victoire du parti au pouvoir. Le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), a été crédité de 82% des voix, selon l’agence de presse Reuters. Même si le gouvernement admet l’existence de « problèmes administratifs » dans certaines régions, il nie toute manipulation du scrutin. « Les résultats correspondent à nos prévisions », a affirmé le secrétaire de l’information du MPLA Norberto dos Santos dans un entretien au quotidien local Jornal de Angola.

Pendant ce temps, le leader du principal parti de l’opposition, l’Unita, Isaias Samakuva, a indiqué à Reuters ce lundi que des électeurs avaient été « contraints de voter pour un parti en particulier ». Il a également dénoncé plusieurs défaillances lors de ce scrutin, citant des retards dans l’ouverture de bureaux de vote et des lacunes dans le contrôle de l’identité d’électeurs. Dans un pays qui a connu 27 ans de guerre civile, l’Unita entend procéder par la voie légale pour réclamer l’annulation du scrutin. Le parti a déposé samedi une plainte devant la Commission électorale et décidera en fonction de la réponse de celle-ci de saisir ou non la Cour constitutionnelle.

Le vote jugé crédible par les observateurs étrangers

Malgré ces protestations de l’opposition, les observateurs internationaux, notamment ceux de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de l’Union européenne, jugent le vote transparent et libre. Selon l’AFP, Mme Morgantini, eurodéputé à la tête d’une mission d’une centaine d’observateurs, a, après une visite dans quelques bureaux de vote, déclaré vendredi qu’il s’agissait d’« un désastre ». Elle est revenue sur ses propos en affirmant : « je croyais que c’était un désastre, mais c’était juste une situation ponctuelle et cela ne faisait pas référence à l’ensemble du processus électoral ».

Le MPLA, le parti du président Jose Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 29 ans, va sans doute obtenir la majorité des deux tiers des 220 sièges au Parlement, donc la majorité requise pour modifier la constitution.

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