Législatives de stabilisation au Lesotho

Des élections législatives se dérouleront samedi 25 mai au Lesotho. Troisième scrutin démocratique du pays, ces élections doivent apporter la stabilisation politique et sociale au pays. Alors qu’un nouveau mode électif va être testé, les Lesothans ont encore en mémoire les sanglantes législatives de 1998.

Le Lesotho s’apprête à se rendre aux urnes samedi prochain pour des élections législatives particulières. Elles ont pour but la stabilisation politique et sociale du pays et font suite aux législatives de 1998 qui s’étaient terminées dans le sang. Ces dernières, violemment contestées par l’opposition, avaient été suivies d’émeutes et d’une intervention militaire sud-africaine et botswanaise. L’Afrique du Sud avait ensuite créé une Autorité politique intérimaire (IPA), regroupant tous les partis politiques et qui, au bout de quatre ans, a réussi à mettre en place un nouveau système électoral.

Le Lesotho sera donc samedi le premier pays d’Afrique à expérimenter un nouveau mode de scrutin mixte qui permet d’élire 80 députés au scrutin majoritaire dans les circonscriptions et 40 élus sur le plan national au scrutin proportionnel de liste. Les médias du pays restent partagés : ce nouveau mode électif permettra-t-il de restaurer stabilité et paix durable ? Difficile à dire car celui-ci, incluant des petits partis et des groupes marginaux, pourrait affaiblir le système parlementaire et amener à de fréquents changements de gouvernement. De plus, certains, comme l’hebdomadaire Mopheme News, font remarquer que la Commission électorale indépendante n’a eu que très peu de temps pour expliquer aux électeurs ce nouveau système.

Monarchie constitutionnelle

Pour autant, la campagne bat son plein, rapporte la presse locale. Les partisans des différents partis, mégaphones en main, quadrillent en voiture les régions et les villes, passant des zones résidentielles aux quartiers surpeuplés. Le matériel électoral est arrivé d’Afrique du Sud le 14 mai dernier et l’opposition pointe déjà des problèmes : le camion transportant les bulletins de Durban à Maseru, la capitale du Lesotho, serait arrivé en très mauvais état, alimentant les suspicions. Quoi qu’il en soit, les précieux bulletins ont été mis sous surveillance policière.

Petit pays montagneux de 2,2 millions d’habitants, enclavé au coeur de l’Afrique du Sud, le royaume du Lesotho est une monarchie constitutionnelle. Indépendant de la Grande-Bretagne en 1966, le pays n’a connu ensuite que coups d’Etat et régimes militaires jusqu’en 1993, date des premières élections démocratiques. Le roi Letsie III n’est que le  » symbole vivant de l’unité nationale  » et n’a pas de pouvoir exécutif ou législatif.

Faiblesses et dépendance

Pour ce troisième scrutin démocratique, auquel participeront 210 observateurs étrangers, 19 partis sont en lice. Les trois principaux sont le LCD, dirigé par le Premier ministre Pakalitha Mosisili, le Parti national Basotho (BNP) de Justin Metsing Lekhanya et le Congrès du Peuple du Lesotho (LPC) de Kelebone Maope.

Le Lesotho est fortement dépendant de l’Afrique du Sud à laquelle il vend une grosse partie de ses produits agricoles, seule ressource du pays avec l’eau. Alors que le chômage touche 45% de la population active, la plupart des Lesothans travaillent chez le voisin sud-africain. Deux problèmes majeurs ont dominé la campagne législative : le sida – 24% de la population adulte est séropositive – et la famine qui prévaut depuis la fin du mois d’avril.