Le Zimbabwe glisse vers la guerre civile

Le président Robert Mugabe serait derrière la vague de violence qui parcourt le pays. Désapprouvé lors d’un référendum en février, il craint de perdre le pouvoir aux législatives de mai.

(écrit le 12 avril) La situation au Zimbabwe est  » un baril de poudre prêt a exploser « , s’est alarmé un procureur local, à la veille de la dissolution du parlement, ouvrant la course aux législatives.

En donnant carte blanche à ses partisans pour occuper à leur profit les terres des grands propriétaires blancs, le président Mugabe semble jouer la carte de la guerre civile pour conserver un pouvoir qu’il craint de perdre par les urnes. Le président au pouvoir depuis l’accession à l’indépendance en 1980 avait tenté (en vain) de faire valider ce projet par les urnes, en février dernier.

L’opposition emmenée par Morgan Tsvangiraï, un ancien syndicaliste, accuse Mugabe de ranimer la haine des minorités blanches et asiatiques pour détourner l’attention d’un bilan économique désastreux et la corruption des cadre du parti au pouvoir, le ZANU-PF.

La Grande Bretagne a rejoint l’opposition dans cette analyse. L’ancienne puissance de tutelle a affirmé qu’un programme de redistribution des terre était prévu et que Mugabe, en donnant la primeur à ses partisans plutôt qu’aux plus pauvres, constitue le principal obstacle à se rééquilibrage des biens du pays. Ce à quoi, le Président Mugabe a répondu en menaçant d’entrer en guerre contre l’Angleterre.

Armée privée

Alors que la tenue d’élections législatives, prévues pour mai, suscite le scepticisme des organisateurs, qui estiment techniquement impossibles d’organiser les scrutins en moins de trois mois, environ 60 000 miliciens pro gouvernementaux recrutés parmi les anciens combattants de la guerre d’indépendance, occupent les fermes des blancs et harcèlent les minorités asiatiques dans les villes. Ces violences auraient d’ores et déjà fait quatre morts et des dizaines de blessés.

A l’occasions cette véritable armée privée s’attaque aux opposants, comme cela a été le cas le premier avril au cours d’une manifestation de l’assemblée nationale constitutionnelle (NCA), la coalition des partis hostiles à Mugabe qui a viré en émeute.

 » Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un gouvernement qui menace de faire la guerre contre ses propres citoyens s’ils ne le soutiennent pas « , a-t-il déploré, insistant sur le fait que  » les Blancs sont nos cousins dans ce pays, et nous ne trahissons personne en faisant alliance avec eux « , a déclaré Morgan Tsvangirai à l’AFP, qualifiant Robert Mugabe de  » despote dérangé « .