Le vol d’électricité en Algérie

L’Algérie en guerre contre les pirates et les voleurs d’électricité. Un préjudice financier qui s’élevait, en 2003, à un million de dinars. Pour endiguer le phénomène, la Société nationale de l’électricité et du gaz généralise les compteurs électriques à Alger. 1 450 fraudeurs ont jusque-là été détectés.

De notre partenaire El Watan

Le piratage ou vol de l’énergie électrique constitue un des chancres qui corrodent le tissu urbain de la capitale. Rien qu’en 2003, Sonelgaz (Société nationale de l’électricité et du gaz), zone de distribution d’Alger, a estimé ses pertes techniques et commerciales engendrées en conséquence à un million de dinars. C’est ce que relève le chef de la division relations commerciales de la Sonelgaz, El Hadj Ouriache, rencontré à ce sujet. Concernant l’année en cours, il est détecté jusque-là, selon le même responsable 1 450 fraudeurs (clients et non abonnés confondus). En parallèle, il est enregistré 300 cas de clients qui sont objet de « suspicion de fraude », vu qu’ils refusent aux agents de Sonelgaz l’accès aux compteurs pour effectuer les relevés d’usage.

« Aussi, nos services ont-ils déposé de nombreuses plaintes auprès de la justice contre les clients fraudeurs. De ces plaintes, il reste 309 cas à traiter par cette instance », poursuit le même interlocuteur. Et de préciser : « Il y a deux sortes de fraudeurs, à savoir les clients et les sites de non-abonnés. Ces derniers consistent en des constructions illicites, des lotissements et les logements collectifs. C’est en ces lieux qu’on constate aussi le phénomène de rétrocession d’énergie. Il s’agit d’abonnés qui cèdent de l’énergie électrique à des non-abonnés. De ce fait, des clients vendent à la place de notre société de l’électricité. En plus, ils bloquent leur compteurs pour ne pas payer ce qu’ils ont consommé en énergie comme ils prennent de l’argent des non-abonnés qu’ils alimentent en cette denrée. Dans ce cas de figure, le client et le non-abonné sont des fraudeurs. Entre temps, nous avons constaté que des APC (Assemblées populaires communales, ndlr) font fonctionner leur éclairage public à partir de nos réseaux sans nous avertir en conséquence. »

Généraliser les compteurs électroniques

La seconde catégorie de fraudeurs : ce sont des clients. « Ces derniers usent de plusieurs stratagèmes pour voler l’énergie électrique. Il y a ceux qui introduisent dans le compteur un cliché pour bloquer la roue. A cet effet, aussi, ils percent la vitre du compteur à l’aide d’une aiguille. Certains ouvrent le cache-compteur et manipulent la vis d’excitation. D’autres effectuent le branchement en amont du compteur. La plupart de ces ruses sont relevées au niveau des logements individuels, dont les compteurs sont installés à l’intérieur. » A l’effet de lutter contre ce phénomène, les services concernés de Sonelgaz ont pris un ensemble de mesures qui se résument en « l’élaboration d’un échéancier pour les clients en difficulté de paiement. Ladite société compte généraliser l’utilisation du compteur électronique. Il a l’avantage de signaler toute tentative de sa manipulation. Est entamée entre temps l’opération d’installation du compteur prépaiement. 20 000 compteurs sont déjà placés à Alger, Boumerdès et Tipaza ».

Des campagnes de sensibilisation sont menées par l’entreprise avec les établissements scolaires, les autorités locales et les comités de quartier sur les dangers que peuvent générer « les manipulations des réseaux électriques, les méfaits de la fraude et ce que dit la loi à ce sujet ». Notons que l’article 350 du code pénal stipule : « Quiconque soustrait frauduleusement quelque chose qui ne lui appartient pas est coupable de vol et puni d’un emprisonnement d’un an au moins et de cinq ans au plus et d’une amende de 5 000 à 20 000 DA. »