Le vétiver, une arme pour protéger les berges du Niger

Le vétiver est une des armes pour protéger les berges du fleuve du Niger et freiner ainsi l’ensablement qui menace le troisième fleuve d’Afrique. Son utilisation est peu coûteuse et facile à vulgariser auprès des populations.

(De notre correspondant)

Originaire d’Inde, le vétiver est très présent dans les zones tropicales du monde. Cette herbe est très peu exigeante, proliférant dans les milieux humides, elle aime également la pleine lumière pour bien se développer. Le vétiver préfère les sols profonds et sablonneux mais s’adapte à toutes les qualités de terre, même à forte teneur acide ou alcaline, et prospère sans peine jusqu’à 2 000 mètres d’altitude.

Au Mali, des agriculteurs tirent profit des profondes racines du vétiver pour prévenir l’érosion des sols et retenir la terre dans leurs champs. C’est le cas à Missabougou en commune VI du district de Bamako dans le champ de Kader Sidibé. Là-bas, le vétiver est planté en haies serrées pour délimiter les parcelles. Hautes de un à trois mètres, fortes, droites, unies et très nombreuses, les tiges de vétiver poussent rapidement.

Une méthode simple

Le vétiver est un moyen simple, pratique, peu cher, demandant très peu d’entretien et très efficace, pour aider la conservation des sols et des eaux, le contrôle des sédiments ainsi que la stabilisation et la réhabilitation des terres.

De par sa nature végétale, il ne détruit pas l’environnement. Lorsqu’ils sont plantés en rangées, les plants de vétiver formeront une haie efficace pouvant ralentir et répandre les eaux de ruissellement, réduire l’érosion des sols, conserver l’humidité et retenir les sédiments sur place. Ses racines très longues s’enfoncent tout droit dans le sol, sur plusieurs mètres. « Le vétiver assure la stabilisation des terrains et empêche la destruction des sols par ravinement lors des fortes pluies, constituent en cela une arme de choix dans la lutte contre la désertification. Son usage permet également de conserver l’humilité nécessaires aux cultures car ses profondes racines favorisent l’infiltration des eaux de pluie et prélèvent leur ruissèlement », soutient Sidibé. Il s’est impliqué dans cette activité en 2006 à travers le projet de protection des berges du canal d’évacuation des eaux de pluie du quartier de Missabougou.

Le Mali, pays traversé par le fleuve Niger sur plus de 1 700 km, est éprouvé par le phénomène de dégradation des berges. Pour faire face à ce problème, la protection biologique par le système vétiver a été mis en œuvre dans certains villages et des résultats ont été obtenus. Selon Balla Moussa Drabo de l’Institut ouest-africain de protection de l’environnement (IOAPE), cette technique consiste à creuser des tranchées dans lesquelles est planté du vétiver. « Cette plante permet, dans une zone d’érosion, de retenir tout ce qui est solide et de laisser couler l’eau » note Balla Moussa Drabo, ce qui va permettre un tant soit peu de freiner l’ensablement qui menace le fleuve Niger.