Le triathlon mauricien sous le choc

Gilbert Sophie, meilleur athlète mauricien du triathlon, a été contrôlé positif à la norandrostérone, stéroïde anabolisant. L’athlète clame son innocence mais son ministère de tutelle gèle son contrat… en attendant une improbable contre-expertise.

 » Franchement, je n’ai rien à me reprocher. Cela fait plusieurs années que je m’entraîne pour progresser davantage. Mon temps à la distance olympique a toujours été constant. Quelquefois je gagnais mais j’ai aussi appris à perdre. Si je m’étais vraiment dopé, ç’aurait été pour battre les Sud-Africains. A quoi ça sert de se doper et de finir septième ? « , s’exclame Gilbert Sophie, le meilleur athlète mauricien du triathlon, contrôlé positif à certains produits anabolisants. C’est lors des Championnats d’Afrique de triathlon qui se sont tenus à Maurice le 6 avril dernier que Gilbert Sophie, 31 ans, a subi un contrôle inopiné. L’athlétisme mauricien est sous le choc.

Se doper et finir septième

L’Association mauricienne de triathlon (AMT), sans lâcher son meilleur représentant, prend ses distances.  » Ce n’est que dans une semaine qu’on pourra confirmer s’il est coupable ou non. Il a le droit d’avoir recours à la contre-expertise en faisant analyser l’échantillon B qui est au laboratoire de Bloemfontein (Afrique du Sud). Mais ce sera à ses propres frais « , explique l’AMT dans un communiqué. Gilbert Sophie se retrouve sans emploi. Le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) a décidé de ne pas renouveler son contrat d’entraîneur de natation qui était arrivé à expiration le mois d’avril dernier.

Il ne reste que trois jours à l’athlète mauricien pour faire appel et demander une expertise. Gilbert Sophie indique qu’il compte collaborer entièrement avec les instances sportives mais se fait peu d’illusions sur les suites de cette affaire.  » Une contre-expertise est au-dessus de mes moyens, de même que me payer les services d’un homme de loi « , avoue-t-il à L’Express. Au cas où sa culpabilité est avérée, il risque une suspension allant de deux ans au minimum à quatre ans au maximum. Toute récidive est passible d’une sanction à vie.