Le trafic d’espèces protégées insuffisamment combattu au Cameroun

Un total de 53 personnes seulement ont été condamnées par les tribunaux camerounais depuis 2006 pour circulation et détention illégales d’espèces animales protégées grâce à « Last great apes organisation » (LAGA), a appris la PANA mardi de source proche de cette ONG.

Selon M. Ofir Drori, le directeur de LAGA-Cameroun, la lutte contre le braconnage des espèces protégées est inefficace à cause des insuffisances dans le contrôle du commerce illégal de ces espèces, la faiblesse des sanctions, le manque de moyens de travail des écogardes, la faiblesse des moyens pour l’application des lois existantes et autres faiblesses du système judiciaire.

Pour lui, il est nécessaire d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité d’intensifier les mécanismes de contrôle, renforcer les capacités des personnes impliquées dans le processus d’application de la loi faunique et la législation internationale sur le Commerce des espèces en danger (CITES).

Il pense que si rien n’est fait, les quelque 28.000 éléphants que compte le Cameroun seront entièrement décimés dans les années à venir.

Les personnes arrêtées et jugées régulièrement avec le concours de LAGA en application de la loi faunique de 1994 sont reconnues coupable de nombreuses infractions en relation avec le braconnage.

Elles portent sur la détention et la commercialisation des parties ou dépouilles des espèces animales protégées telles que les chimpanzés, gorilles, éléphants, panthères, mandrills, lions, buffles, crocodiles, perroquets et autres tortues de mer.

Pour certains autres incriminés, il s’agit de la chasse sans permis en période de fermeture de chasse, détention, commercialisation et transformation illégales de l’ivoire, meurtre d’un écogarde, non présentation des preuves de légitime défense lors de l’abattage d’un gorille.

Parmi les incriminées, outre les nationaux, on compte les personnes de nationalité étrangère notamment grecque, américaine, française.

Après les jugements, les peines dont les concernés tous reconnus coupables sont allés de trois mois de prison avec sursis, deux mois de prison à 25 ans ferme et amendes, dommages et intérêts allant de 50.000 francs CFA à 17.866.000 FCFA.

L’une des plus grosses prises des autorités camerounaises avec l’appui technique de LAGA a été celles ayant porté sur 603 pointes d’ivoire saisies au port de Douala dans un bateau chinois en partance pour Hong-Kong.

Le trafiquant faisait la publicité avec quelques échantillons de produits en ivoire auprès des clients, essentiellement des hommes d’affaires chinois et les membres de l’équipage du bateau.

Créée en 2002 en Israël, la LAGA est une ONG qui lutte pour la sauvegarde des espèces animales africaines menacées de disparition.