Le Togo abolit la peine de mort

Le Togo a aboli, mardi, la peine de mort, en présence du Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero. Le Premier ministre espagnol, à Lomé, où il a assisté à la séance plénière de l’Assemblée nationale.

Notre correspondant au Togo

« Le Togo vient de franchir un grand pas. C’est un évènement historique pour ce pays, car la peine de mort est considérée aujourd’hui comme un châtiment inhumain et dégradant », a affirmé le Chef du gouvernement espagnol, M. Zapatero devant les parlementaires togolais.

Les autorités togolaises justifient l’abolition de la peine de mort par « l’irréversible engagement du Togo à promouvoir les libertés publiques fondamentales et à consolider les droits de l’homme dans le pays ».

Pour sa première visite officielle au Togo, M. Zapatero s’est félicité de voir ce pays « donner un signal fort dans sa démarche de promotion de la démocratie et des droits de l’homme », avant de réitérer la détermination du gouvernement espagnol à militer contre la peine de mort dans le monde.

L’adoption à l’unanimité, par les députés togolais du projet de loi d’abolition de la peine de mort place désormais le Togo dans le rang des pays abolitionnistes en droit. Ainsi, les prisonniers actuellement sous le coup de la peine capitale passeront à la réclusion à perpétuité.

« Cette situation est très intéressante pour ceux qui sont accusés de tentative à la sureté de l’état », commente un député, faisant allusion au coup d’état qu’aurait fomenté Kpatcha Gnassingbé, un frère du Président de la République, Faure Gnassingbé.

Le 13 décembre dernier, le gouvernement de Lomé a adopté le décret-loi pour abolir la peine capitale. « Le choix effectué par le pays d’établir une justice saine qui limite les erreurs judiciaires, corrige, éduque et garantisse les droits de la personne humaine, n’est plus compatible avec une législation pénale qui prévoit encore la peine de mort en reconnaissant ainsi à la jurisprudence un pouvoir absolu dont les conséquences sont irrémédiables », lit-on dans le communiqué du Conseil des ministres du Togo qui anticipait le décret d’abolition de la peine capitale.

La suppression de cette loi est une victoire pour les associations militant pour les droits humains. « Aujourd’hui est un jour heureux pour les droits de l’Homme. Nous militons depuis de nombreuses années pour que cette peine inhumaine soit mise hors la loi », a déclaré Raphaël Akpande-Adzare, président par interim de la LTDH.

Depuis plus de 30 ans, il n’y a pas eu d’exécution au Togo même si la peine de mort est toujours prévue dans la législation. La dernière condamnation à mort remonte au 05 septembre 2002. Cette décision frappait Komlan Agbéviadé, condamné à mort pour meurtre de son frère Midi Lackos. Il s’agit de la première sentence capitale prononcée depuis 1978, année où remonte la dernière exécution au Togo.

Le Togo devient ainsi le quinzième pays africain sans peine de mort.