Le textile malawite change ses draps

Le gouvernement du Malawi a décidé de fermer la plus importante usine textile du pays après l’échec de sa privatisation. L’Etat entend régler les indemnités de départ des deux mille employés avant de trouver un nouvel investisseur pour rebâtir l’entreprise.

La plus grande entreprise textile du Malawi va fermer ses portes. L’Etat a décidé, mercredi dernier, d’arrêter de subventionner la David Whitehead and Son (DWS) après l’échec de sa privatisation. Les 2 000 salariés de l’entreprise vont tous bénéficier d’une indemnité de départ. Le gouvernement souhaite faire table rase du passé avant de trouver un nouvel investisseur pour refonder la société.

La DWS connaissait des problèmes financiers depuis les débuts des années 90 avec la libéralisation de la filière textile sous les injonctions de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). Depuis la perte de son monopole, l’entreprise n’a cessé d’enregistrer des pertes. Un déficit structurel compensé par les subventions publiques. L’Etat, qui avait annoncé la privatisation pour juillet, n’a malheureusement pas trouvé de repreneur. Aujourd’hui, il n’a plus les moyens de soutenir la dette de la société (600 millions de kwachas, soit 7,6 millions de dollars).

Secteur florissant

Détenue à 51% par le gouvernement du Malawi et à 49% par l’entreprise d’Etat Admarc investments holding compagny (AIHC), la DWS est placée en situation de liquidation économique et doit se séparer de ses 2 000 employés. Une enveloppe de deux millions de dollars a été prévue pour tous les indemniser.

Le principal producteur de fibre de coton fermé, le textile malawite devrait se retrouver au point mort. Une perspective qui n’effraie pourtant pas les professionnels du secteur. Car avec la signature, en septembre 2001, d’accords de commercialisation des produits textiles avec les Etats-Unis dans le cadre de l’African growth opportunity act (Agoa), l’activité est des plus florissante. Elle a connu un taux de croissance fulgurant de 120%.

Reconstruire

 » Nous espérons qu’un bon investisseur sera vite trouvé pour reprendre la DWS et lui rendre son passé glorieux « , témoigne Kantilal Desai, le président de l’Association du textile et de confection du Malawi. Le pays a besoin de son propre fournisseur de matière première pour approvisionner le secteur. D’autant que l’Agoa ouvre, en 2004, la possibilité aux producteurs de vêtements malawites de se fournir sur le marché local. Conscient des forts potentiels nationaux, l’Etat entend remettre rapidement sur pied une nouvelle structure, plus saine et plus forte. Sur les cendres encore chaudes de la DWS, l’heure est déjà à la reconstruction.