Le Soudan menace les intérêts occidentaux

Les menaces contre les ressortissants des pays occidentaux se multiplient au Soudan après l’émission d’un mandat d’arrêt international contre le président Omar el-Béchir. L’ambassade américaine au Soudan a décidé d’évacuer ce mardi son « personnel non essentiel ».

Les Etats-Unis ont annoncé ce mardi qu’ils autorisaient le « personnel non essentiel » de leur ambassade au Soudan et leurs familles à quitter le pays. Motif évoqué : les conditions de sécurité « incertaines » qui règnent dans le pays depuis l’émission, le 4 mars, d’un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre et contre l’humanité contre le président soudanais Omar el-Béchir par la Cour pénale internationale (CPI). La décision américaine fait suite aux différentes menaces que fait peser le régime soudanais sur les intérêts étrangers dans son pays depuis cette date.
Au moins treize organisations non gouvernementales ont été ainsi expulsées du territoire soudanais la semaine dernière. Selon les Nations unies, « 1,1 million de personnes seront sans nourriture, 1,5 million de personnes seront sans soins de santé et plus d’un million sans eau potable », si Khartoum ne revient pas sur sa décision.

« 250 opérations suicide » menacent les intérêts occidentaux dans le monde

Les autorités soudanaises ne sont pas les seules à menacer explicitement les ressortissants et intérêts étrangers en guise de représailles au lancement du mandat d’arrêt international contre le président soudanais.
Selon Susan Rice, l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, le gouvernement américain a « reçu des informations quant à des menaces terroristes visant des intérêts américains et européens au Soudan ». Une information confirmée ce mardi par un communiqué de l’Alliance des mouvements jihadistes pour le martyr, un mouvement islamiste. Elle a indiqué son intention de conduire « 250 opérations suicide », sur le territoire soudanais et à l’étranger, contre les Etats qui soutiennent l’action de la CPI. La France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont été explicitement mentionnés. Outre les Etats, des individus sont directement menacés par le groupe. C’est le cas de Luis Moreno-Ocampo, le procureur général de la CPI, et deux des principaux chefs rebelles du Darfour : Khalil Ibrahim, le leader du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) et Abdelwahid Mohammed Nour, chef d’une faction de l’Armée de libération du Soudan (SLA).

Quatre casques bleus de la Mission des Nations Unies et de l’Union Africaine au Darfour (Minuad), pris pour cible lundi soir, semblent être les premières victimes de cette insécurité galopante au Soudan, même si l’origine de l’attaque reste encore inconnue. Leur véhicule a essuyé des tirs près d’El-Geneina, la capitale du Darfour-Ouest. Les soldats de la paix ont été blessés mais leur vie n’est pas en danger.