Le Soudan « accepte » une force hybride au Darfour

Le Soudan a « accepté » le « principe » du déploiement d’une force conjointe de l’Union africaine et des Nations Unies au Darfour. Jeudi soir, lors d’une réunion au sommet en Ethiopie, Khartoum a toutefois précisé que son accord final dépendra du nombre de troupes qui doivent être envoyées.

Après de longues discussions, le Soudan a finalement donné son accord sur le « principe » du déploiement au Darfour (Ouest) d’une force militaire mixte, comprenant des soldats de l’Union africaine (UA) et des Nations Unies (Onu). « Une opération hybride est acceptée sur le principe, en attendant une clarification de la taille de la force. La force de maintien de la paix aura un caractère majoritairement africain [mais] l’Onu fournira les structures de renforcement, de commandement et de contrôle », précise un communiqué publié à la fin d’une réunion à laquelle ont participé, jeudi à Addis-Abeba (Ethiopie), des représentants du Conseil de sécurité de l’Onu et du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, ainsi que le ministre soudanais des Affaires Etrangères et le secrétaire général de la Ligue arabe.

Le Secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, a confirmé l’information, ajoutant que « la désignation des responsables de haut niveau de l’opération hybride sera discutée entre les parties ».

« Protéger les gens sur le terrain et renforcer l’UA »

La guerre au Darfour, qui s’étendrait au Tchad et à la Centrafrique, a déjà fait quelque 200 000 morts et environ deux millions de déplacés. Pour soulager la force de l’Union africaine (Amis), forte de 7 000 militaires sous-équipés et sous-financés, le Conseil de sécurité de l’Onu avait voté le 31 août la résolution 1706. Elle stipulait que l’Amis devait être remplacée par une force onusienne. Une disposition que le Soudan, en guerre contre plusieurs groupes rebelles, a toujours refusée.

S’exprimant sur l’accord de principe de Khartoum, le représentant permanent du Soudan à l’Onu a indiqué, devant la presse, que « ce nouveau plan, qui peut-être largement accepté par le Soudan, mène la 1706 à sa tombe ». Il a ajouté que cette opération « est très spéciale : les Nations Unies paient pour que l’UA fasse le boulot ». A l’inverse, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour le Soudan a assuré que « la 1706 est toujours d’actualité : ce qui est important, c’est de protéger les gens sur le terrain et que l’UA ait plus de troupes ».