Le Sénégal les pieds dans l’eau

Des pluies diluviennes se sont abattues, de samedi à lundi, sur la capitale sénégalaise, atteignant samedi un record pluviométrique de 182 mm. Le chef de l’Etat, Abdoulaye Wade, a déclenché le plan d’organisation des secours (ORSEC). Le ministre de l’Intérieur, Ousmane Ngom, s’est rendu à la cité Bellevue, quartier le plus touché, pour porter assistance aux populations.

Par Sira Tounkara

Pluies diluviennes à Dakar. De fortes précipitations se sont abattues, de samedi à lundi dernier, sur la capitale sénégalaise, causant de nombreuses inondations et d’importants dégâts matériels. Des volumes d’eau record, jusqu’à 182 mm en un jour, jamais atteints depuis 20 ans. Le ministre de l’Intérieur, Ousmane Ngom, à la tête d’une délégation comprenant le ministre des Forces Armées, de l’Equipement ainsi que celui de la Prévention et de l’Assainissement, s’est rendu dans certains quartiers où la situation est la plus préoccupante.

« Plusieurs quartiers ont été touchés par les inondations, et spécialement le quartier de Bellevue, explique Babacar Cissé, rédacteur en chef de la Radio Municipale de Dakar. Il ajoute que « les sinistrés de Bellevue sont actuellement logés dans les écoles, en attendant l’évacuation des eaux ». « Parmi les 77 sinistrés (seize familles, ndlr), 64 sont logées dans des écoles, douze autres se sont relogés par leurs propres moyens et une personne a été blessée et envoyée à l’hôpital principal de Dakar », précise le Capitaine Fall, du groupement national des sapeurs pompiers. Aucun mort n’est heureusement à déplorer. Mr Cissé annonce que « d’énormes dégâts matériels sont notables ». Il les « estime à plusieurs millions de francs Cfa ».

Sinistre prévisible

« Le quartier Bellevue n’est pas le seul touché, explique Mr Cissé. Le quartier Wakhinane nimzatt, situé à la périphérie de la capitale, est également endommagé et il est question de déloger les gens afin de les héberger, eux aussi, dans des écoles. Le Maire, Kalidou Niasse s’est rendu sur place ». « Le quartier de Thiaroye-sur-mer a aussi été atteint. De plus, le bassin de rétention d’eau de Touba, situé à 300 km de Dakar, a débordé ». Il semblerait qu’il n’y ait pas lieu d’être surpris car il s’agit de lieux à risques. « Il s’agit d’un problème récurrent dans ces banlieues, particulièrement à Wakhinane nimzatt où il n’y a pas de système d’assainissement pour l’évacuation des eaux usées. Concernant Thiaroye-sur-mer, cet endroit n’est pas réservée à l’habitation, c’est une zone d’anciens champs, les gens sont allés habiter dans une ‘cuvette d’eau’ », analyse Babacar Cissé.

A la question de savoir quels sont les moyens logistiques mis en place à Dakar pour faire face à cette catastrophe, Mr Cissé répond que « la Mairie de Dakar, et plus précisément la direction de l’aménagement urbain de Dakar, est sur place et tente dans un premier temps d’évacuer les eaux, avec l’aide du groupement national des sapeurs pompiers ». Le gouvernement a déclenché le plan Orsec sur toute l’étendue du territoire. Il a mobilisé l’armée, la gendarmerie, le groupement national des sapeurs pompiers et la police pour venir en aide aux sinistrés. Dans le cadre de ce plan, Le Capitaine Fall déclare que « des opérations de pompage, sont en cours depuis le premier jour, dans plusieurs quartiers sinistrés. Ces opérations vont de l’endiguement au pompage des eaux, en utilisant les ‘motopompes d’épuisement’ ». Ces interventions ont été menées dans l’agglomération de Dakar, mais également dans d’autres régions, a indiqué l’Agence de presse sénégalaise, citant des localités de Thiès (ouest), Louga et Diourbel (centre), Saint-Louis (nord) et Matam (extrême nord).

Malheureusement, le système d’assainissement de la ville de Dakar semble ne pas être au point. Le Capitaine Fall parle de problème de fiabilité du système d’évacuation des eaux de pluies, qui serait « ensablé », entre autre. « Habituellement, Bellevue n’est pas inondée », dit le Capitaine. Espérons donc que ce sinistre incitera les autorités mettre en place les moyens nécessaires afin que ce type de catastrophe ne se reproduise plus.