Le Sénégal commémore la date du 23 juin


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Les dirigeants du M23, les jeunes de « Y en a marre », plusieurs ministres, ainsi que des centaines de sympathisants du mouvement se sont rassemblés pour célébrer l’anniversaire des émeutes du 23 juin 2011.

« An I de la Révolution citoyenne pour la bonne gouvernance et le respect des droits de l’homme », proclame une large banderole placée au front de la tribune officielle. Le Mouvement du 23 juin (M23), coalition hétéroclite d’organisations de la société civile et de partis politiques, a célébré samedi le premier anniversaire des émeutes qui ont signé le début de la fin pour le président Abdoulaye Wade, battu lors de l’élection du 25 mars dernier par son ancien Premier ministre, Macky Sall. Les dirigeants du M23, les jeunes de « Y en a marre », plusieurs ministres, ainsi que des centaines de sympathisants du mouvement se sont rassemblés et ont marché dans le centre de Dakar pour marquer cette commémoration.

Le 23 juin 2011, des milliers de manifestants s’étaient massés devant les grilles de l’Assemblée nationale où allait être voté le projet de loi dit du ticket présidentiel. Le président Wade, 85 ans à l’époque, souhaitait modifier la Constitution pour instaurer un quart bloquant visant à se faire réélire dès le premier tour en 2012 avec seulement 25% des voix. Le texte instituait également un poste de vice-président qui, d’après l’opposition, devait revenir au fils du chef de l’Etat, Karim Wade. Mais, le coup d’État constitutionnel n’est pas passé. Dépassée, la police intervient pour disperser le rassemblement. De violentes émeutes éclatent alors dans tout le centre-ville de Dakar faisant une centaine de blessés et de nombreux biens publics et privés saccagés. Sous la pression de la rue, Wade retire son projet. Après cette journée, point de départ d’une large mobilisation anti-Wade qui aboutira à sa défaite le 25 mars, rien ne sera plus jamais comme avant.

« Les Sénégalais doivent être fiers. Il faut capitaliser cela pour que plus jamais un président sénégalais ne soit traversé par l’idée de vouloir instaurer une monarchie. Il faut que cette flamme allumée le 23 juin soit éternelle », lance à la tribune Alioune Tine, l’un des leaders charismatiques du M23. « Un peuple qui n’a pas de mémoire est un peuple qui n’a pas d’avenir », poursuit le président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), blessé ce jour-là par des hommes de main du pouvoir. Sous les yeux du ministre de la Justice, Aminata Touré, il réclame « justice pour les victimes tombées au champ d’honneur ». Selon les sources, entre six et quinze personnes ont trouvé la mort durant la campagne électorale.

« Cette année a consacré l’émergence d’une nouvelle citoyenneté incarnée par une jeunesse qui a montré qu’elle souhaite participer activement à la marche de son pays », se félicite Fadel Barro, coordonnateur du mouvement « Y en a marre », à la pointe du combat contre le projet de loi puis la candidature inconstitutionnelle de Wade. « Le M23 doit rester un mouvement fort pour l’intérêt de la démocratie », ajoute-t-il, rappelant que le mouvement doit jouer un rôle de sentinelle. À une semaine des législatives, les yenamarristes, promoteurs du « NTS » (nouveau type de sénégalais), ont appelé les citoyens à élire un « nouveau type de députés » en distribuant un texte intitulé « le code du nouveau type de députés (NTD): le député du peuple ». « Je suis NTD, personne, même pas mon parti, fût-il au pouvoir, ne peut me faire proposer ou voter des lois qui vont à l’encontre des intérêts de la nation », stipule l’un des articles. « Je suis NTD, je m’investis pour que des dérives comme celle qui a créé les évènements du 23 juin 2011 ne se reproduisent plus », énonce un autre.

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