Le sel de la conversation

Avec à l’ouvrage d’Arlette Tadié, qui rassemble 3 000 proverbes égyptiens, vous pourrez mettre du sel dans votre conversation et saisir ce que la société égyptienne a de plus intime mais aussi de plus universel.

Le proverbe  » est à la conversation ce que le sel est à la nourriture « . Arlette Tadié, maître de conférences à l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales) a réuni dans son livre Le sel de la conversation, plus de 3 000 proverbes d’Egypte.  » Collecter des proverbes, c’est agir comme le collectionneur qui, ayant hérité une collection de porcelaines, cherche à l’agrandir « , explique l’auteur qui pendant plusieurs années, a traqué cette forme d’expression chez des collègues égyptiens en France puis dans les rues du Caire et enfin dans les films, émissions de télé ou de radio et livres égyptiens qui en sont truffés.

Résultat : un corpus riche et varié qui s’organise par thèmes – le corps, le talent, l’éducation et le savoir, les qualités et les défauts, la vie quotidienne, l’amitié et l’amour, la femme, le mariage, la famille, l’argent ou encore Dieu et le destin. Un classement qui permet de mettre l’accent sur les thèmes favoris des Egyptiens.

Mémoire d’un peuple

L’ouvrage, premier du genre sur ce sujet, est bilingue arabe écrit-français. Les proverbes sont agrémentés de commentaires et d’analyses comparatives avec des proverbes analogues dans d’autres langues. Mode d’expression le plus ancien, ayant toujours échappé au contrôle de la censure, de l’Etat et de la religion, le proverbe semble n’avoir  » jamais faibli en Egypte et dans le monde arabe « , remarque Arlette Tadié qui se délecte du sens mais aussi du rythme et de la poésie qui s’en dégagent.

 » Les Egyptiens, et les Arabes en général, sont amoureux non seulement de leur langue mais aussi de leurs proverbes.  » Pour comprendre la société égyptienne et décrypter une partie passionnante de son patrimoine culturel et social, il faut se laisser bercer par ses proverbes. Ces derniers permettent de saisir  » la mémoire d’un peuple « , de  » découvrir l’homme de la rue, le fellah, l’Egyptien de toujours, avec sa psychologie, ses sentiments, ses contradictions, son langage « . Passionnant.