Le rotin fait recette

Les meubles en rotin et en bambou ont de plus en plus de succès à Cotonou. Ils sont légers et surtout, bon marché. Les bourses moyennes béninoises dénouent leurs cordons pour ce mobilier à la mode.

Des tables, des fauteuils, des bibliothèques, des berceaux… le rotin et le bambou se déclinent sous une multitude de formes, pour se plier aux envies des consommateurs béninois. Sur les marchés, en pleine rue ou le long du goudron, des meubles (des fauteuils tressés aux guéridons), comme des accessoires (cadres photographiques, ustensiles ménagers), s’étalent sous le regard des acheteurs potentiels. A Cotonou, les menuisiers ne jurent plus que par ces matériaux. Comme Donatien Tchibozo qui confie à un journaliste du Matinal que la demande ne cesse de s’accroître :  » je reçois une commande de trois au quatre salons par jour « .

Les principales qualités de ce mobilier ? Il est peu encombrant, facilement transportable et surtout, accessible à la bourse du Béninois moyen. C’est la raison pour laquelle il rencontre autant de succès auprès de la population qui tend à se détourner des traditionnels meubles en acajou et en teck, relativement chers. Grâce aux deux matériaux légers, un jeune couple peut meubler son salon pour 25 000 F CFA. Les fauteuils royaux coûtent dans les 30 000 F CFA, les cadres photos, entre 3 500 et 5 000 F CFA.

Lianes et nerfs de cocotiers

Même les expatriés se mettent à cette nouvelle mode.  » Les meubles en bambou, c’est le bon plan quand on ne veut pas trop dépenser. Il y a plein de petites boutiques de menuiserie où l’on peut commander des meubles. On peut même dessiner certains plans et les faire exécuter mais là, les délais de livraison sont aléatoires ! Sinon, le plus simple est encore de se promener le long des routes et de choisir ce qui nous plaît. Les prix sont peu élevés et en plus, on peut marchander ! J’ai meublé ma salle à manger comme ça !  » explique Matthieu, Français de 27 ans en poste à Cotonou.

Les meubles en rotin sont légèrement plus chers que ceux fabriqués en bambou, car le rotin doit être importé des pays voisins (Nigeria, Ghana, Togo). Les artisans béninois se tournent également vers les nerfs de cocotiers, les planches de contre-plaqué et même les lianes. Du poids plume pour prix légers.