Le rêve marocain de la RATP se transformerait-il en cauchemar ?


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A l’approche de la renégociation du contrat de délégation de service, fixée à octobre 2009, l’heure du bilan a sonné pour la RATP et sa filiale marocaine M’Dina Bus. La RATP annonce des pertes de 7 millions d’euro, sa filiale conteste. Des tensions apparaissent.

En 2004, lorsque la société M’Dina Bus, filiale de la RATP, remportait l’appel d’offre pour l’exploitation du transport urbain à Casablanca, devant son concurrent Veolia, les espoirs étaient grands. Quatre ans après s’être lancée dans cette aventure marocaine, la société française parle d’un fiasco.
Le leader du transport en commun parisien, a indiqué récemment sur son site avoir perdu 7 millions d’euros dans ce projet. Encouragée par la promesse des autorités de récupérer fin 2009, le monopole des bus au détriment de huit autres sociétés, la RATP aurait investi massivement par le Biais de sa filiale M’dina Bus. Environ 12 millions d’euros.
Du côté marocain, ces chiffres sont qualifiés de « fantaisistes », rapporte Les Afriques.com.

La RATP accusée d’avoir misé trop gros

« Qu’on soit cohérent. La RATP a apporté en tout et pour tout 350 véhicules usagers avec une valeur résiduelle de 20 millions de dirhams inscrite au compte associés. Elle ne peut faire prévaloir un tel niveau de pertes », écrit le journal citant une source interne à M’dina Ba, tout en précisant que ces informations n’ont pas pu être vérifiées.

A Paris, la Régie de la société française explique ce fiasco par « l’absence de régulation efficace de la concurrence». Ce n’est pas tout. Des « subventions non réglées et l’absence de personnel qualifié », justifieraient aussi ces pertes. Le Journal qui a essayé, en vain, de contacter les cadres expatriés de la RATP rapporte ces propos d’un syndicaliste : « je ne peux pas estimer le nombre de cadres dépêchés au Maroc. Tout ce que je peux dire, c’est que la société française n’a pas rempli ses engagements en ce qui me concerne ».

La RATP, qui dispose d’un parc de 700 bus et de 4.000 salariés à Casablanca, aurait-elle vraiment misé trop gros sur ce marché ? C’est ce qui semble lui être reproché au Maroc. Elle a notamment présenté, en mars 2007, une offre jugée trop généreuse pour la reprise de Rahabus, un concurrent en liquidation judiciaire. La renégociation du contrat de délégation de service entre la société française et sa filiale marocaine s’annonce serrée.

Stéphane Ballong
LIRE LA BIO
Stéphane Ballong est un journaliste franco-togolais spécialisé dans l'économie africaine. Diplômé de l'Université de Lomé, puis de l'École supérieure de journalisme de Lille et de Paris I Panthéon-Sorbonne. Iil a débuté sa carrière en 2008 comme responsable de la rubrique économie à Afrik.com. En 2009, il rejoint le groupe Jeune Afrique où il occupe successivement les postes de rédacteur, rédacteur en chef adjoint du service économie (2013-2017), rédacteur en chef central (2017-2021), puis directeur adjoint de la rédaction chargé de l'économie en 2022 France Medias Monde. Au sein de Jeune Afrique,. Depuis janvier 2023, il est rédacteur en chef du service Afrique de France 24
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