Le Réseau des Femmes Afrolatinoaméricaines et Afrocaribéennes dénonce les inégalités

En Amérique Latine et dans les Caraïbes vivent 75 millions de femmes noires, mais le nombre d’entre elles occupant des hautes fonctions politiques ou dans l’Administration publique n’atteint même pas le nombre de 50. Être afrodescendant « c’est être au plus bas dans l’échelle sociale de la région « , dénonce la nicaraguayenne Dorotea Wilson, coordinatrice de la Red de Mujeres Afrolatinoamericanas, Afrocaribeñas y de la Diáspora (Réseau des Femmes Afrolatinoaméricaines, Afrocaribéennes et de la Diaspora)

« L’inégalité et l’iniquité sont visibles: nous sommes peu ou pas présents dans les espaces de prise de décisions. Notre situation est l’une des pires », indique Wilson dans une entrevue récemment accordée à l’agence ‘IPS News’.

Être pauvres, femmes et noires –dit-elle– « nous oblige à réaliser un effort immense contre la discrimination et la xénophobie », explique Wilson, ex mairesse et ex législatrice au Nicaragua en plus d’être leader de l’organisation non gouvernemental ‘Voces del Caribe'(Voix des Caraïbes).

La coordinatrice du Réseau, qui regroupe 33 pays a accordé une entrevue téléphonique du Panama ou elle a participé les 18 et 19 juin derniers, avec trente autres personnes à la Rencontre Intergénérationnelle des Femmes Afrodescendantes de l’Amérique Latine, sous les auspices du Fond fes Nations Unies pour l’Enfance (Unicef).

Les participantes à cette réunion ont présenté une position unitaire en vue de la 10ème Conférence Régionale sur la Femme d’Amérique Latine et des Caraïbes qui se tiendra à Quito, Équateur entre le 6 et le 9 août prochains à l’initiative de la Commission Économique des Nations Unies pour l’Amérique Latine (CEPAL).

À Quito, l’un des thèmes centraux sera la situation du travail domestique féminin. La moitié des femmes employées dans ce secteur travaillent plus de 48 heures par semaines, sans salaires adéquats ni accès à la sécurité sociale, selon les données de la CEPAL, qui rappelle que en plus, « des millions de travailleuses ne reçoivent même pas de salaire ». Une grande partie de cette force de travail est composée de femmes indigènes et afrodescendantes.

DISCRIMINATION RACIALE ET SEXUELLE.

Selon les informations données par Wilson, la race et la condition féminine fonctionnent comme un « ancrage » à la pauvreté. Au Brésil par exemple, 71% des femmes noires travaillent dans le secteur informel, une proportion supérieure à celle des hommes noirs (65%), des femmes blanches (61%) et des hommes blancs (48%).

Toujours au Brésil, la population blanche est 2,5 fois plus riche que la population noire. En Colombie, 80% des afrodescendants vivent dans la pauvreté extrême et à Cuba, le seul pays américain ayant un système économique socialiste, ils habitent dans les pires habitations et ont les emplois les moins bien rémunérés.

« Il est très difficile d’être noir dans notre région, et plus encore lorsqu’on est femme, je le sais, car moi-même j’ai dû affronter des vexations dégradantes plusieurs fois « , explique Wilson, qui vient de Puerto Cabezas, une région autonome de l’Atlantique Nord nicaraguayen, qui a neuf frères et est fille d’un mineur et d’une maîtresse de maison.

En 1975, alors religieuse missionnaire, Wilson est entré dans les rangs du Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN), d’idéologie gauchiste avant de mener des actions armées contre la dictature de Anastasio Somoza.

En 1979, le dictateur renversé, Wilson devient la première mairesse de Puerto Cabezas puis députée à l’Assemblée Nationale législative pour la côte caribéenne. Elle fait toujours partie du FSLN qui, après avoir perdu le pouvoir lors des élections de1990 l’a récupéré aux élections de fin 2006, au cours desquelles Daniel Ortega a été élu président.

Voir le site du réseau des Femmes Afrolatinoaméricaines