Le racket des gardiens de voitures

Les automobilistes souffrent de plus en plus des agissements des gardiens surtout au centre ville. Profitant de la rareté des parkings dans cette zone, les gardiens de voitures y dictent leur loi. Dans certains emplacements, les surenchères dépassent les limites et le prix du stationnement atteint les 5 DH. Ils exigent également que le temps de stationnement soit court et peuvent être violents.

De notre partenaire L’Economiste

Avant que les clients ne garent leurs voitures, les gardiens les préviennent qu’ils ne doivent pas s’attarder. Les malheureux qui manquent à cette règle passent un mauvais quart d’heure et le tarif est multiplié selon la guise du gardien. « Chaque fois que je tarde à récupérer ma voiture, je dois subir les foudres du gardien. Parfois, ses propos frôlent l’agressivité », raconte un automobiliste.

Les femmes sont les plus touchées par ce comportement. Considérées comme des « victimes faciles », elles sont plus exposées aux arnaques et au mauvais traitement des gardiens. « Les tarifs ne sont pas les mêmes quand je suis seule en voiture. Ils augmentent bizarrement. Il m’est arrivé d’être insultée et traitée de tous les noms après avoir refusé de payer les suppléments », avance une automobiliste.

Les tarifs officiels doublés

Sur l’avenue des Forces Armées Royales (FAR), ou à côté de la gare Casa-Port, les gardiens sont particulièrement agressifs. Les automobilistes qui ont l’habitude de laisser leurs voitures une bonne partie de la journée sont maltraités ou carrément empêchés de stationner. Selon le témoignage de certains d’entre eux, les gardiens se comportent comme s’ils étaient les propriétaires du terrain. « Je dois laisser ma voiture pour prendre le train à Rabat où je travaille toute la journée. Le gardien me demande le double de la tarification normale sous prétexte que je l’empêche de gagner plus d’argent avec d’autres clients qui laissent leurs voitures juste quelques moments », raconte un automobiliste. « Il a même essayé de me ‘chasser’ de cet emplacement », ajoute-t-il.

Selon le témoignage d’un autre automobiliste, les gardiens recourent à d’autres méthodes quand les automobilistes leur tiennent tête et font valoir leur droit selon la loi et la tarification en vigueur. « Après avoir refusé de me plier à la volonté d’un gardien qui a voulu m’empêcher de garer ma voiture parce que j’allais m’attarder, les essuie-glaces de ma voiture ont disparu », avance un automobiliste.

Depuis avril 2004, un arrêté du ministère des Finances fixe la prestation des gardiens pendant la journée à 1 DH pour les vélos, 2 DH pour les voitures et les vélomoteurs et 4 DH pour les camions. Ce tarif double la nuit. Mais sur le terrain, rien n’est respecté. L’ancienne tarification, qui datait de 1998, était fixée selon des tranches horaires. Le tarif était de 2 DH pour la tranche de 6 à 20 heures, 3 DH de 20 heures à 2 heures et de 5 DH de 2 heures à 6 heures.

Mohamed Akisra