Le Prix Albert Londres fait ses premiers pas en Afrique

Le prix Albert Londres 2008 sera décerné samedi à Dakar. C’est la première fois que cette distinction internationale sera remise en terre africaine aux meilleurs journalistes de presse écrite et de l’audiovisuel. Un clin d’œil au rédacteur Albert Londres, qui a sillonné de nombreuses anciennes colonies françaises. Une dizaine de journalistes africains postulent pour remporter le prestigieux prix.

Le jury du Prix Albert Londres pose ses valises en Afrique. Cette distinction internationale récompensant les meilleurs journalistes de presse écrite et de l’audiovisuel sera remise samedi à Dakar, la capitale sénégalaise. Auparavant, la cérémonie s’était déroulée à Moscou, Pékin, Istanbul, Marseille et Beyrouth. Pourquoi une escale africaine ? « Quand on a vu Dakar, on s’est dit que ce serait important de venir ici, parce que c’est une ville importante pour l’Afrique, parce que c’est une capitale intellectuelle, parce qu’aussi, c’est un symbole », a expliqué Serge Michel, lauréat 2001 et co-organisateur du prix.

Et de préciser que le journaliste et écrivain français Albert Londres (1884-1932) a beaucoup travaillé en Afrique. C’est par Dakar qu’il a commencé sa découverte des anciennes colonies françaises. Un périple qui l’a conduit au Mali, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Gabon et au Congo. C’est par ailleurs lors de son séjour sur le continent noir qu’il a écrit l’un de ses plus grands livres : Terre d’Ebène.

Une dizaine de candidats africains

Pour cette édition, les candidatures africaines ont été encouragées. Et au final, sur 24 candidats en presse écrite qui pourraient gagner le prix de 3 000 euros, une dizaine sont africains. Serge Michel a refusé de donner trop de détails, « confidentialité » oblige, mais a indiqué que des postulants étaient sénégalais, béninois ou burkinabè. Il souligne cependant que les Africains ne seraient pas favorisés lors des délibérations de ce jeudi. « Seules les qualités d’écriture et d’enquête sont appréciées par le jury », a souligné Serge Michel.

A noter que cette 70e remise du prix Albert Londres sera marquée par diverses activités pédagogiques. Une conférence-débat est organisée vendredi à l’Université Cheikh Anta Diop autour du thème « Médias et pouvoirs : l’indépendance des médias du 21ème siècle, regards croisés nord-sud ». Une autre rencontre, axée sur « Nouveaux médias et Internet, chance ou danger pour la presse », se tiendra samedi au Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information. Ce même centre où 25 journalistes blogueurs animent le tout nouveau Dakar Bondy Blog – une ramification du Bondy Blog auquel collabore Serge Michel.