Le printemps berbère commémoré en Algérie

Depuis 1980, le vingtième jour du mois d’avril est commémoré chaque année dans toutes les régions berbérophones d’Algérie. Cette date symbole marque le souvenir de la grogne populaire exprimée par de violentes manifestations face au déni identitaire décidé par le régime de l’époque. Cette année, l’engouement a été moindre, notamment parce que, sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika, la langue berbère est devenue une langue nationale étudiée à l’école.

Notre correspondant en Algérie

Le vingt neuvième anniversaire du printemps berbère a été commémoré, lundi, à travers la région de Kabylie où des marches ont été organisées. Le mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), de Ferhat Mehenni, en est l’un des initiateurs. Son appel à une marche populaire a trouvé l’écho escompté. Plusieurs acteurs du mouvement lancé en 1980 ont marqué aussi leur présence, aussi bien dans les wilayas de Bouira que de Tizi-Ouzou. Dans les localités, certaines institutions ont ouvert leurs portes, comme les postes et télécommunications et les banques. Les mairies et les sièges de daïra ont, pour la plupart, fermé quoi qu’aucun appel à la grève n’ait été lancé.

Le chargé de l’organique du mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, Ait Chebib, n’a pas omis d’exprimer sa satisfaction face aux nombreuses foules qu’a drainé l’appel lancé par les siens. « Aujourd’hui, nous sommes satisfaits par la formidable mobilisation pour Tamazight et l’autonomie » a-t-il indiqué. Les autorités publiques n’ont pas empêché le déroulement de ces marches que beaucoup de cadres du MAK considèrent comme un acquis.

Le 20 avril 1980, l’annulation d’une conférence de Mouloud Mammeri, romancier algérien, sur la poésie imazighen (autre nom donné aux berbérophones) avait provoqué des émeutes à travers toute la Kabylie.

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