Le président namibien veut déporter les homos

Le président namibien, Sam Nujoma, radicalise ses positions contre la communauté gay du pays. Il a publiquement appelé, lundi, à l’arrestation et à la déportation des homosexuels.

 » La République de Namibie ne tolère pas l’homosexualité et le lesbianisme en son sein. La police a ordre de vous arrêter, de vous déporter et également de vous enfermer « . Le moins qu’on puisse dire est que le Président namibien, Sam Nujoma, n’aime pas les homosexuels. Et la déclaration, faite lundi dernier devant les étudiants de l’Université de Namibie, a provoqué de multiples remous. Les organisations non gouvernementales (ONG) crient à la discrimination et fustigent un décision tout à fait anticonstitutionnelle.

 » Nous sommes choqués « . Au sein de la toute jeune ONG, la Rainbow project coalition (RPC), c’est la consternation. D’autant plus que rien dans la Constitution namibienne ne condamne effectivement l’homosexualité. Seule une ancienne loi héritée de l’Apartheid, l’Immoral practices act, interdit la sodomie. Et comme elle est antérieure à la constitution (où elle ne figure d’ailleurs pas, Ndlr), cette loi est toujours en vigueur. Mais  » personne n’a jamais été arrêté sous ce chef d’inculpation « , témoigne-t-on à la RPC. Même si « cette loi représente toujours une menace pour les homosexuels « .

Du même niveau que la discrimination raciale

 » Viser des personnes à cause de leurs orientations sexuelles est extrêmement semblable à la discrimination à cause de la couleur de la peau « . Pour la National society for human right (NSHR) l’homophobie est la  » même forme de cancer que le racisme « . L’ONG namibienne appelle le Président à se rétracter sur sa malheureuse allocution de lundi dernier.

Les attaques politiques contre la communauté homosexuelle du pays ne sont pourtant pas nouvelles. Et les Namibiens ont encore en mémoire les déclarations emphatiques du ministre de l’Intérieur, Jerry Ekandjo, qui avait purement et simplement enjoint aux forces de l’ordre, en octobre dernier,  » d’éliminer les gays et les lesbiennes de la surface de la Namibie « .

De telles positions ne sont pourtant pas le fruit d’un consensus gouvernemental. Le Premier ministre lui même, devait, le mois suivant, infléchir ce qu’il considère plus comme des points de vue personnels que comme des positions officielles.  » Il y a une distinction entre les déclarations faites par un ministre en qualité de citoyen, et celles qui représentent la politique gouvernementale « .

Ce qui est vrai pour un ministre semble l’être également pour un président. Quant on sait que la police n’a procédé jusque là, et heureusement, à aucune arrestation, la croisade lancée par Nujoma prend plus volontiers des allures de combat homophobe personnel, plus grotesque que dangereux. Quoi que…