Le président Moi (auto) satisfait des résultats économiques du Kenya

A contre-courant des chiffres alarmants publiés régulièrement par des organismes indépendants, le président Moi s’est félicité, cette semaine, des réformes économiques menées depuis dix ans dans son pays.

Daniel Arap Moi, président du Kenya, porte un jugement résolument optimiste sur la réussite des réformes engagées dans son pays depuis une décennie.

S’exprimant devant le Forum économique de Crans Montana, en Suisse, le président kényan a cité la suppression des licences d’import – export, la réduction des tarifs douaniers, la libéralisation des échanges extérieurs au rang des réformes ayant fait du Kenya un pays  » ami des investisseurs «  étrangers.

Dans le pays lui-même, la libre-entreprise et l’initiative privée ont été encouragées :  » Le Kenya n’a jamais souscrit au socialisme, et nous pensons que l’initiative privée est le moteur de la croissance. «  Résultat :  » toute une population de professionnels et d’hommes d’affaires a fleuri « .

Explication originale

Les chiffres donnés par newafrica décrivent pourtant une réalité éloignée de ce tableau idyllique. La croissance du PIB kényan, qui était encore de 4,6 % en 1996, s’est affaissée à 2,3 % en 1997 et à 1,6 % en 1998. Ces résultats, combinés avec une croissance démographique annuelle de 2,6 %, ne permettent pas de progrès dans la lutte contre la pauvreté et le chômage que connaissent le pays. Selon d’autres experts, le potentiel de croissance de l’économie kényanne serait de 8 % par an.

Interrogé en Suisse sur le contexte politique et social de son pays et sur la réputation du Kenya, le président Moi a livré une explication inattendue. Selon lui, la présence de deux cent journalsites étrangers dans le pays atteste de sa stabilité. Les journalistes couvrent de nombreux conflits régionaux à partir du Kenya. Malheureusement, leurs articles étant envoyés et datés de Nairobi, beaucoup de gens croieraient à tort que le Kenya est un foyer d’instabilité. Original, non ?