Le président mauricien dissout le Parlement

Sur fond de corruption, Cassam Uteem, président de l’Ile Maurice, a dissout le Parlement.

Branle-bas de combat dans le monde politique mauricien. Cassam Uteem, président de l’Ile Maurice, a décidé, jeudi 10 août, la dissolution du Parlement. Les élections législatives générales seront organisées le 11 septembre. Elles devaient se dérouler initialement en janvier prochain. La dissolution intervient alors que des membres du gouvernement sont accusés de corruption.

La constitution mauricienne impose la tenue d’élections législatives tous les cinq ans. Les dernières avaient eu lieu en décembre 1995. Navinchandra Ramgoolam, actuel Premier ministre, avait alors formé une coalition gouvernementale. Mais dès 1997, les parlementaires du Mouvement militant mauricien (MMM) quittaient l’alliance pour rejoindre les bancs de l’opposition. Ainsi, le Parti du travail de M. Ramgoolam se retrouvait seul au pouvoir.

Accusations de corruption

Cette semaine, deux ministres, poursuivis pour corruption par le Bureau des délits économiques, ont démissionné. L’un d’eux, Kishore Deerpalsingh, après avoir quitté ses fonctions à la Santé lundi dernier, s’est dégagé de toutes ses responsabilités au sein du Parti du travail.

L’ancien ministre de la Santé est accusé par un architecte d’avoir reçu d’importantes sommes d’argent avant l’attribution de marchés pour la construction de cliniques.

Pour M. Ramgoolam, ces démissions sont un nouveau coup dur. Depuis plusieurs semaines, les partis de l’opposition demandaient au Premier ministre d’organiser au plus vite des élections générales. M. Rangoolam, qui a soumis la dissolution au président, est donc à la recherche d’un second souffle. Sous la forme d’une majorité parlementaire renouvelée ?

A moins – mais c’est une hypothèse facétieuse – que la présence à l’Île Maurice du président français Jacques Chirac, « spécialiste » des dissolutions, n’ait donné des idées à son homologue…