Le premier satellite africain sur orbite en 2006

Le président sortant de l’assemblée des parties de l’Organisation régionale africaine de communication par satellite (RASCOM), Bello Bouba Maigari a déclaré jeudi à Ouagadougou, à la PANA que les pays africains ont
décidé de la mise sur orbite en 2006, d’un satellite pour le continent africain.

M. Maigari, également ministre camerounais des
Télécommunications, a tenu ces propos à l’issue de la réunion de la 9ème assemblée des parties de RASCOM qui a eu lieu à Ouagadougou mardi et mercredi.

Pour le président sortant de RASCOM, des progrès considérables ont été réalisés dans la mise en oeuvre effective du projet.

« Je peux affirmer que la construction du satellite est presque terminée », a-t-il lancé, précisant que les ressources additionnelles orbite/spectre dans la bande C standard ont été acquises auprès de France Télécom.

Il a, par ailleurs, affirmé que le contrat pour le segment
terrestre et le démarrage imminent de la construction des
équipements terrestres a été signé et que la mobilisation des fonds auprès des signataires et des non-signataires pour répondre à l’appel de fonds de la société Rascomstar-Qaf a été rassurante.

Ce satellite, a indiqué le directeur général de RASCOM, le Dr Jones A. Killimbé, va révolutionner le monde des
télécommunications en Afrique. « C’est un facteur d’intégration et un moteur de développement des pays africains », a-t-il souligné.

Selon le Dr Killimbé, le projet de RASCOM permettra de fournir une infrastructure de télécommunications à grande échelle et à moindre coût, aux zones rurales du continent.

Un budget de 361 millions de dollars

L’amélioration des communications interurbaines dans chaque pays, l’établissement de lignes directes entre tous les pays africains et l’échange de programmes entre radios et télévisions du continent sont également des objectifs visés par le projet.

Cette 9ème assemblée des parties à Ouagadougou a été l’occasion pour les 200 participants d’insister sur la mobilisation des fonds, en vue de concrétiser le projet satellite.

Au total, le projet de lancement d’un satellite africain va
mobiliser un budget de 361 millions de dollars.

Cependant, M. Maigari a invité à relever les défis de la dernière mobilisation des fonds visant à couvrir le lancement du satellite et les coûts des assurances en créant au plan interne un environnement propice au déploiement rapide du système à satellite de RASCOM au niveau du segment spatial et terrestre.

L’Organisation régionale africaine de communication par
satellite, qui a été créée en mai 1992 par les Etats africains, se veut l’expression de la volonté de tous les Etats africains d’oeuvrer ensemble pour créer et exploiter en commun des infrastructures de télécommunications propres à l’Afrique.

RASCOM, qui comprend 46 Etats membres avec l’entrée récente de l’Erythrée et un membre observateur, la Guinée équatoriale, a son siège à Abidjan.

Cette structure comprend trois organes à savoir l’assemblée des parties, le conseil d’administration et l’organe exécutif.

Elle a pour mission de concevoir, mettre en oeuvre, exploiter et entretenir le secteur national du système de télécommunications par satellite et traduire en services et outils pour l’intégration africaine, toutes les possibilités offertes par le satellite.

Sur la mobilisation des fonds, ainsi que le plaidoyer pour
l’utilisation effective du système RASCOM par tous les pays
africains, le Burkina Faso nouveau président de l’assemblée des parties a pris l’engagement d’en faire une priorité au cours de son mandat de deux ans.