Le Port Autonome d’Abidjan veut revivre

Principale porte d’entrée de l’Afrique de l’ouest francophone, le Port Autonome d’Abidjan veut sortir du marasme économique. Boudé par les pays enclavés, Burkina Faso, Mali et Niger- le port d’Abidjan a vu ses activités décroître dangereusement.

Le Port Autonome d’Abidjan cherche à reconquérir ses positions après une année noire qui a vu ses activités plombées par l’instabilité politique et la xénophobie. Les pays enclavés, le Niger, le Mali et le Burkina Faso, se sont détournés d’Abidjan pour Lomé et Dakar, lassés par le racket et la xénophobie. Pour reconquérir ce marché, la direction du PAA a pris l’initiative d’une rencontre mercredi et jeudi avec les partenaires de ces trois pays et de nombreux ministres ivoiriens. Depuis le putsch du 24 décembre 1999 et la chaotique période de transition qui a suivi, le trafic global a chuté de 5%, passant de 15.338.066 tonnes en 1999 à 14.556.414 en 2000. Le trafic avec les « pays enclavés » – Burkina Faso, Mali, Niger – s’est effondré de près de 11%, de 1.059.628 à 944.971 tonnes. Ce qui représente une perte sèche de 5 milliards de F CFA.

Revenez, on vous aime

Le rapport technique du Port Autonome d’Abidjan souligne que  » la traversée du territoire ivoirien était devenue périlleuse et surtout très coûteuse « . Les forces de l’ordre sont mises à l’index pour leur racket le long de la route du nord qui mène vers les pays enclavés. « Le gouvernement est parfaitement conscient de ces développements malheureux. D’ores et déjà, les difficultés rencontrées sur le corridor (axe routier reliant Abidjan aux frontières nord) ont fait l’objet de mesures volontaristes qui seront améliorées et sur lesquelles le gouvernement n’entend pas revenir », a assuré le ministre des Infrastructures économiques, Patrick Achi.

Le gouvernement avait annoncé, au début du mois de mars, la levée de tous les barrages illégaux montés par les forces de sécurité dans tout le pays, autant de points de racket pour voyageurs et routiers. Les opérateurs étrangers ne sont pas pour autant rassurés. « Sur le corridor, ça a un tout petit peu amélioré les choses. Au port aussi, il y avait déjà des tracasseries avant le coup d’Etat mais c’est pire depuis », explique à l’AFP Mathieu Ouédraogo, de la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat du Burkina Faso. Le Port Autonome d’Abidjan représente une grande ressource en devises pour la Côte d’Ivoire.